Triboulet, loc. cit
3. Article du journal Ze- Nouvelles, décembre 1909 et janviei 1910, d'après des enquêtes personnelles et des rapporte de police.
Ii8 CONTRE L'ALCOOLISME
qui ne s'attendaient pas à ces exigences spéciales du métier, résistent, puis cèdent, parce que le tenancier a fait déjà de menues dépenses pour elles et qu'il les menace de la rue. Mieux vaut encore la maison où le pain est assuré. C'est l'esclavage, dans toute son horreur, des maisons closes. Beaucoup de ces servantes ont vite fait de devenir « malades ». Les rapports des polices locales confirment cette affirmation d'un spécialiste : « L'alcoolisme est partout le complice de la syphilis1. » Quand le cabaret est bien achalandé, le tenancier s'assure la clientèle de « filles en carte » et son débit communique « avec des garnis à l'heure ».
Il y a aujourd'hui, répandus dans toutes les villes et dans de nombreux villages, près de 50.000 de ces « cabarets à femmes », fréquentés ordinairement par des ouvriers et des soldats. Comment l'ouvrier résistera-t-il à ce double empoisonnement? Depuis longtemps, il ne subsiste plus en lui beaucoup de religion; il ne lui a pas été enseigné beaucoup de morale sur les bancs de l'école. Il avait son honnêteté naturelle; l'alcool l'a refoulée et endormie. Il reste avec ses instincts et il les subit. Il ne sent ni le mal qu'il fait ni celui qu'il se fait. Le « plaisir» n'a pas été inventé seulement pour