RlEMAIN, hc. cit
2. Ligue française pour la défense des Droits de l'homme et du citoyen, Congrès de 1910, rapport du Dr Sicard de Plauzoles.
3. Académie de médecine, séance du 11 juin 1895, considérants du vœu présenté par les Drs Bergeron et Laborde; voir p. 308; — Léon Say, loc. cit., p. 45.
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nation et dans son cerveau. La nation n'est pas moins malade que l'individu dont l'alcool n'a attaqué encore que l'intestin, ou les poumons, ou le rein. Elle aussi, elle n'en est encore qu'à la parésie qui évolue vers la lésion. Gomme elle éprouve périodiquement des malaises, des vertiges et des angoisses, une comparaison inquiétante évoque les troubles et les accidents nerveux survenus à un illustre biologiste qui, poursuivant des recherches sur les effets toxiques des essences et des bouquets artificiels, s'était imprégné des aldéhydes répandus, à l'état volatil, dans l'atmosphère du laboratoire1. Elle aussi, elle respire un air chargé de trop de molécules empoisonnées.
Michelet a raconté comment « l'avènement du calé », la vulgarisation de « la sobre liqueur, puissamment cérébrale », lave volcanique de Bourbon et de la Martinique, a contribué à la chaleur et à la lucidité du xvme siècle, du « siècle de l'esprit », qui fit l'Encyclopédie' d'où sortit la Révolution. Après le règne duj?afé, le règne de l'alcool. Déjà, il semble parfois que la température baisse et que la clarté diminue
1. Lvborde. Bulletin de F Académie de médecine, 1888, p. 5344
« Il n'est pas possible que de si grands maux, qui sont capables d'abîmer l'État, soient sans remède ; autrement, tout serait perdu sans ressource1. » — Si les maux d'aujourd'hui sont tout différents des « excès incroyables » que Bossuet dénonçait à Louis XIV, ils ne sont pas moins graves et ils ne sont pas davantage sans remède; et ce que, nous aussi, nous savons « très certainement », c'est que, si les pouvoirs publics, qui ont remplacé le Roi, veulent « invinciblement », « malgré la difficulté qui se trouvera dans le détail », conjurer pendant qu'il en est temps encore, de tels périls, ce ne sont pas « les expédients praticables » qui font défaut ; les remèdes sont connus et éprouvés.