Léon Say, loc. cit.. p
est la portée? Quelle qu'en soit la portée, que vautelle contre la limitation des débits? Ne suffit-il pas. au contraire, du bon sens, et même du sens commun, pour apercevoir tout de suite que ce genre de monopole, inhérent à toute limitation, ne saurait offrir aucun des inconvénients des monopoles d'autrefois ou des monopoles collectivistes1. Il n'y aurait là, tout juste, qu'une nouvelle application de la vieille formule : « Un petit mal pour un grand bien ». Sans la philosophie qui s'y résigne, il n'y a point de politique possible. Nous sommes dans la vie, nous légiférons pour clés hommes.
Qui dit « monopole », dit « restriction à la liberté du commerce », « à la liberté du travail », d'où Proudhon conclut que « le monopole et la concurrence sont deux modes de l'échange radicalement opposés et inconciliables2 ». Sont-ils inconciliables autrement qu'en théorie? S'il y a monopole, en pure doctrine, « dès que la concurrence est restreinte par des causes naturelles ou artificielles »3, « il n'y a, pourtant, monopole de fait que si la concurrence ne s'exerce pas ou s'exerce mal4 ».
1 Ce dont convient Léon Say, tout en préférant, pour les raisons qui vont être résumées, le système des hautes licences