‹ Contre l'alcoolismeChapitre 98 sur 125 · Proudhon, Contradictions économiques, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Proudhon, Contradictions économiques, t. Ier, p

.:. Garnier. Traité d'économie politique, p. 122.

i. Gh. Gide, Principe d'économie politique, p. 459. — Voir l'article Monopole, de Fernand Faure, dans le Dictionnaire d'écoiiomir politique, de Léon Say et J. Chaille\.

Quand la concurrence subsiste entre près d'un demi-million de commerçants, comme dans l'espèce, peut-on dire que la concurrence s'exerce mal? Qu'est-ce qu'un monopole à 500.000, à 400.000 têtes? La liberté du commerce et celle du travail reçoivent à peine une égratignure.

Aussi bien ceux des économistes orthodoxes qui repoussent la limitation pour cette raison qu'elle conduit ou qu'elle équivaut à une manière de monopole, proposent-ils eux-mêmes de le réaliser par une voie indirecte.

Après avoir condamné la limitation, parce que « les temps sont passée où l'on pouvait interdire aux citoyens de choisir la profession qui leur convient le mieux », ils se souviennent que « les débitants sont obligés de se pourvoir d'une licence ». Et, sans doute, ils se refusent « à transformer cette licence en une simple autorisation de police toujours révocable », « parce que l'arbitraire de l'administration pourrait s'exercer pour des besoins autres que ceux de l'hygiène et que la politique créerait entre l'administration et la population, à l'occasion du retrait des licences, des conflits fâcheux ». Mais ils se déclarent pour le système anglais des hautes licences, parce que, sans contrarier aucun des principes ou des axiomes de l'éco-

nomie politique, il produirait sur le commerce des boissons une influence au moins aussi restrictive que la limitation.

« On fait trop souvent du métier de débitant le pis-aller de son activité. Rien n'est plus facile que de monter un petit débit; peu d'économies y suffisent... Dans un grand nombre de localités, le débit est devenu comme un accesssoire à la profession du mari. Le nombre considérable des débitants provient de ce que, dans les endroits où la population est très dense, la moitié des habitants fournit à l'autre moitié le moyen de se procurer les boissons dont ils ont un besoin plus ou moins factice. C'est comme si un village se constituait pour la boisson, en société coopérative de consommation... Les petits débitants sont le canal par où l'alcoolisme se répand le plus. » Dès lors, « il faut établir des licences à prix élevés et même très élevés, qui auront pour conséquence inévitable de concentrer le commerce de détail en un moins grand nombre de mains1 ».

Il est certain que plusieurs de ces remarques sont d'une grande justesse et que la multiplicité des petits débits est deux fois désastreuse, parce qu'elle contribue, en effet, à répandre l'alcoolisme

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