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tance sacramentelle à la parole.
Nous ne prétendons certes pas imposer ces
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préceptes rigides à la musique profane, pas plus que bannir entièrement des temples la musique instrumentale, et tout autre chant que les chants liturgiques : nous constatons seulement ce fait de l'invasion des églises par le tapage musical ou par la musique efféminée, comme la plus forte preuve des excès que nous attribuons à cet art et du despotisme qu'il exerce de notre temps. Enfin, en rappelant quelle est la fonction de la musique dans le culte, en la montrant toujours disciplinée par la poésie dans les rites sacrés, nous avons voulu, mettre en lumière son type primitif et sa Loi essentielle, qu'elle ne doit pas perdre de vue dans les genres les plus différents du genre sacré. La peinture religieuse, la musique religieuse, l'architecture religieuse, la poésie religieuse, occupent le sommet de l’art en général, etil est pon de s'en référer à leurs lois propres, pour bien connaître les lois de l’art profane et l'empêcher de s’égarer dans les inepties ou les
infamies,
La subordination constante de la musique à la poésie, à la parole, qui me frappe non seulement dans la liturgie chrétienne, mais dans toutes les liturgies connues, non seulement dans les cérémonies religieuses, mais dans le monde profane, est une preuve que l'esprit humain a conçu d’abord la musique comme n’etant pas une langue, mais un accessoire de la langue. Elle a êté placée dès son origine à côte de la poésie, à côté de la parole, comme elle est placée dans l’ordre universel, comme la nature est placée en face de l’homme dans la création. Tout autour de l'âme humaine, qui seule possède la pensée et la parole devant Dieu, les voix de l’univers-forment un orchestre d’accompagnement, et rien de plus. {âme de l’homme, la parole de l’homme, donnent seules un sens déterminé et une valeur morale aux accents de cet orchestre privé de la conscience. La poésie primitive, ilest vrai, n'apparaît jamais sans la musique, même en dehors des rites sacrés;
mais la musique primitive ne se montre jamais
musiciens fondateurs de civilisations antiques,
autrement qu’à l’état de servante de Ja poésie. . Ceci nous méne à réfuter de nouveau, en.
is une erreur tout à fait naïve, mais qui 3 règne encore chez les musiciens qui se piquent 3 de littérature : c'est que la musique a été Ja premiére institutrice des peuples, etqu'Orphée et Linus étaient des joueurs de violon : c'est qu’enfin l'éducation chez les anciens se faisait par la musique. On cite là-dessus Platon luiméme, quard on s’est dispensé de le lire. | Orphée, Amphion, Linus, tous ces soi-disant
étaient des joueurs de violon ou de lyre, comme
Moïse et David étaient des joueurs de harpe.
Il est certain pour moi que Paganini eûtéte.
justement traité comme un grand coupableët un ennerai de la musique, s’ilavait paru devant ces hommes-là. Il est certain aussi que Platon l'eût banni de sa république avec plus d’empressement qu'il n’en bannit les mauvais poëtes, si on lui avait présenté un tel instituteur de la jeunesse, quoique le divin philosophe
AS + , | NÉS L'ÉGLISR ET LA MUSIQUE - Eu —— +
“voie dans la musique le grand moyen d éd ne
cation. Mais la musique pour lui, c’est tout le 4 domaine des muses, tout celui des lettres. C est.::"#%48
particulièrement la poësie, oui, la poésie elle- | même, comme on peut s'en convaincre enreli- santle mure II de /a République. 4
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