CV
(1) Ibid., p. 213 et suiv.
(2) Ibid., p. 240.
Six mois plus tard, débarrassé d'Hébert et de Chaumette dont l'athéisme le gène autant que Finlluence, délivré de Danton qui rejetait sa tyrannie comme sa religion, il promulgue sa loi.
Le décret du 18 floréal an II proclame l'existence de l'Etre suprême, institue son culte et en règle, outre les quatres fêtes nationales, les trente-cinq fêtes d'obligation.
Tout le monde a lu la description de la cérémonie du 20 prairial, connue dans l'histoire sous le nom de fête de l'Etre suprême ; le plan, à la fois grandiose et ridicule, qu'en avait tracé David; le discours ou plutôt les deux discours de Robespierre, avec son habit bleu barbeau, sa culotte de nankin, embrasant, en manière de péroraison, la statue de l'Athéisme qui laisse, à sa place, paraître celle de la Sagesse, et pareil, dit Boissy d'Anglas, à « Orphée enseignant aux hommes les principes de la civilisation et de la morale ».
Pendant que le dictateur-pontife triomphait au Champ-de-Mars, les jeunes filles jetaient des fleurs vers le ciel, les adolescents tiraient leurs sabres, les vieillards les bénissaient, en posant les mains sur leurs têtes, et une décharge générale d'artillerie retentissait, « interprète de la v engeance nationale » (i).
Allez parler à ces gens-là d'indifférence religieuse !
Voilà l'expérience cruelle sur laquelle
(1) Ibid., p. 321.
M. Briand a jeté un voile discret, et dont les leçons, dit-il, conduisirent au décret de la 2e sansculottide an II.
Nous allons voir s'il donna la liberté.