L INITIATIVE DU NOUVEAU GÉNÉHAL
malsaines, prit-elle un arrêté tendant à exiger des certificats de civisme pour les officiers qui composaient Fétat-major de la force départementale. Cet arrêté était motivé sur le fait qu'il y avait au moins tm émigré dans Tétat-major.
A la séance du 20 juillet la Commission départementale avait dû se prononcer sur l'opportunité de cette mesure à laquelle les sections attachaient une grande importance.
Biroteau l'approuva hautement : « Ne cherchez pas à vous isoler des autres départements et vous le seriez bientôt si on voyait à la tête de vos forces départementales des aristocrates et des émigrés. V^otre révolution n'est pas en faveur dé l'aristocratie, n'ayez donc à la tête de votre armée que des patriotes ! » Un député marseillais qui devait être, au fond, sympathique aux émigrés, combattit l'opinion de Biroteau, non sans habileté : « Pourquoi exiger un certificat qui semblera une formalité et servira à vous calomnier? On dira que vous avez pris le masque du patriotisme et que vous avez donné des certificats de civisme à des émigrés \ »
I^ Commission départementale, partageant cette manière de voir, décida à l'unanimité de passer à l'ordre du jour, par conséquent de ne pas exiger le certificat de civisme mais, par une contradiction uniquement inspirée par la peur de ne plus paraître assez républicaine, elle enjoignit aux corps administratifs de mettre à l'exécution les décrets sur les émigrés*.
En apprenant cette décision si rigoureuse et si menaçante puisqu'il s'agissait d'appliquer aux émigrés la peine de mort, ceux qui se cachaient encore dans les innombrables retraites de la ville et des faubourgs n'osèrent point se présenter dans les bureaux d'enrôlement de la force départementale. Beaucoup auraient fait connaître leurs anciens grades et en auraient été de nou-