Journal de Lyon, même numéro
162 l'insurrection de lyon en 1793
veau inveslîs dans les bataillons qui se réorganisaient. Ils attendirent que ce vent de proscription s'apaisât et quand ils se firent inscrire dans les troupes de sortie ou môme dans la garde nationale sédentaire, la plupart des places d'officiers avaient été données à de bons bourgeois, pleins de bonne volonté, parfois même de courage, mais sans instruction militaire; ce fut une des causes de la faiblesse de là défense.
Selon son habitude, Précy n'assistait pas à la séance, il n'y était représenté que par un de ses adjudants-généraux de confiance, Gabriel Julien, qui n'osa pas ou ne crut pas devoir protester en faveur des émigrés, mais il en prévint son général qui dut tenir compte de Tétat des esprits de l'Assemblée.
C'est alors que, d'après un témoignage contemporain non suspect*, Précy, le combattant du 10 aoiU, le vieux royaliste, dut repousser le concours de deux de ses anciens compagnons d'armes. « Deux hommes d'un ûge mur se présentèrent au quartier général de la maison de Saint-Pierre, ils se disent frères, officiers émigrés et portant le nom de Saint-Julien^. » Tel était bien leur véritable nom, MM. de Saint-Julien, avant leur émigration, servaient comme lieutenants au môme régiment que M. de Tessonnet, l'un des auteurs de la tentative de coup de main militaire sur Lyon en 1792^. Le prince de Condé, auquel ces officiers avaient été recommandés par son aide de camp-*, les envoyait à Lyon en éclaireurs, « en voltigeurs^ >», comme on disait alors. Précy les reçut avec cordialité, leur promit de les employer à son état-major mais en fit demander l'autorisation à la Commission départementale. Celle-ci, toujours inquiète et sans initiative, sollicita