‹ Contre la terreurChapitre 144 sur 400 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ULTfMATUM ET COUPS DE FUSIL

La municipalité de Lyon tentait à son tour d'arrêter Kellermann dans les préparatifs d'offensive qui lui étaient ordonnés, non plus en adressant un plaidoyer mais en s'efforçant de Tintimider : « Avez-vous bien réfléchi? pouvez-vous vous déguiser que c'est un crime que Ton vous commande, que c'est Tatrocité la plus abominable que l'on médite et que l'on veut exécuter? » Et plus loin : « La postérité est là, un jour vous serez appelé à son tribunal, un jour comme tant d'autres, vous devrez y rendre un compte sévère de toutes vos actions. Quel terrible jugement pour un citoyen français, pour un général d'armée, pour un honnête homme ^ »

Cette adjuration ne troubla pas Kellermann, désormais décidé à exécuter sa consigne, il en adressa la copie au Comité de Salut public, en annonçant qu'il venait de conduire à Bourg une partie de ses troupes et qu'il y avait retrouvé les représentants 2. On l'ignorait à Lyon.

Précy voyait arriver à son quartier général des Dames de Saint-Pierre 3, vaste abbaye aux cloîtres sonores, un individu fort exubérant, qui se présenta sous le nom de Reux, ancien officier de marine^ autrefois employé dans les arsenaux de plusieurs ports de guerre, s affirmant très compétent en artillerie. 11 apportait au général les recommandations les plus pressantes de la municipalité^. Le

i. Signé parles membres du conseil général de la commune : Coindre, président, Bémani, officier municipal, Dury, etc. (Archives historiques de la Guerre: Armée des Alpes, août 1793, Lyon, le 1*' août 1793.)

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