‹ Contre la terreurChapitre 145 sur 400 · Id · texte numérisé non relu

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motirde cette bienveillance tenait uniquement à sa qualité de Lyonnais. Si le hasard Tavait fait naître dans cette ville, il ne paraissait y avoir gardé aucune relation de famille ou de jeunesse. Reux disait être arrivé avec le général Sérizial^ venant par conséquent de l'armée des Alpes, où il aurait été chef de bataillon dans Tétat-major de l'artillerie.

Devant ses affirmations, ses allures militaires, la connaissance approfondie qu'il prétendait avoir des positions défensives de la ville et des environs et en relisant le certificat très élogieux signé Coindre, le général de Précy crut avoir trouvé un autre Chônelette, qui donnerait au service de Tartillerie l'impulsion dont il manquait. Reux reçut donc le brevet « d'adjudant-major général d'artillerie », c'est-à-dire de chef d'état-major de cette arme, et comme il n'y avait pas d'officier général investi du commandement supérieur de l'artillerie, les fonctions d'adjudant-major général en étaient l'équivalent.

Le soir même introduit à la séance du Comité général de Salut public, Reux présentait son brevet à l'approbation du bureau-, prêtait les trois serments (il en aurait prêté bien d'autres) et, après avoir reçu le baiser fraternel du président aux acclamations unanimes de l'assemblée^ entrait aussitôt en fonctions.

Si l'on en croit deux de ses compagnons d'armes qui ont survécu et notamment, le commissaire des guerres Vallès, le nouveau venu était un traître* aux gages de l'ennemi, pour le compte duquel il allait d'ailleurs organiser tout un réseau d'espionnage ^

1. « Avec un général de brigade venant de Grenoble. » (Môme auteur.)

2. Les corps administratifs séant à Lyon et les délégués de la section du peuple français dans le département de Hb6ne-et-Loire formant le Comité général de Salut public, Séance du 2 août, présidence du citoyen Richard. (Lyon, A.-V. Delaroobe, 1793, in-i",4 p.: — Gonon, liihUographir historique de Lyon^ pièce 3202].

3. « Reux fut envoyé à Lyon pour servir d'espion et se fût borné ù remplir ce rôle si les autorités civiles de Lyon ne l'eussent imposé au général. » (Vallès, Héflexiuus historiques, p. 01.)

4. « Il organisa toute une compagnie d'espions, de traîtres et d'incendiaires. » (Vallès, p. 94.}

Au lendemain de cette néfaste décision, rassemblée des corps administratifs, etc. changeait son titre beaucoup trop long pour celui de Comité général de surveillance ei de Salut public du départonent de Lyon, En modifiant son nom, elle modifia ses procédés, car elle rédigeait aussitôt une courte lettre pleine de fierté et d'énergie aux représentants en mission à Tarmée des Alpes ^ Les sentiments républicains de la population lyonnaise y étaient encore rappelés, mais avec sobriété et dignité. A Toccasion de« arrêtés de réquisition de la force armée contre Lyon, les représentants de cette ville constataient que, conformément à la déclaration des Droits de f homme et du citoyen^ quand le gouvernement violait les droits du peuple, Finsurrection était pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs •. En conséquence les Lyonnais repousseront la force par la force.

En outre, et à la même époque 3, le nouveau Comité protestait par une adresse à la Convention contre Taceusatien d avoir reçu de l'argent de l'étranger. L'évêquc constitutionnel du département était invité à rédiger une lettre pastorale aux habitants des campagnes à KefTet de les prémunir contre les discours séditieux des agitateurs. Le bavard et larmoyant Lamourette ne paraît pas s'être acquitté de cette mission.

Précy ne se dissimulait pas que la situation devenait de plus en plus grave, il secondait de tout son pouvoir les admirables efforts du colonel de Chênelette, qui avait terminé les redoutes de la Croix-Bousse, du cimetière de Cuire'*, de la Tour de la Belle-Allemande, de la Croix-Noire, de la Patte-d'Oie, etc. Partout on établissait des chemins

1. Dubois-Crancé, Gauthier, Nioohe, Albitte, Reverchon et Laporte.

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