‹ Contre la terreurChapitre 151 sur 400 · Ul · texte numérisé non relu

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4. Le rapport de Kellermann dit que ces détachements toumèreut le vil-

Au mot : c Qui vive! » des troupes de la République', les Lyonnais répondirent : « Républicains ! » et proposèrent de « fraterniser ». Un capitaine de gendarmerie s'avança, les somma de se soumettre à la Loi, de reconnaître le décret de la Convention et de rendre leurs prisonniers-. C'est alors qu'un des cavaliers lyonnais tira un coup de pistolet qui blessa un maréchal des logis du 5' régiment. Des coups de feu partirent aussitôt des rangs des soldats de la Convention. Guillot, lieutenant des chasseurs lyonnais, et un de ses cavaliers furent démontés et faits prisonniers, huit de ses soldats étaient tués*^, une vingtaine blessés. Toutefois le petit détachement de l'armée de Précy put se faire jour le sabre à la main, entraînant deux prisonniers \ un guide et un dragon. Un lieutenant du 5" de cavalerie et un guide de l'armée des Alpes étaient tombés grièvement blessés.

Il semble que l'un des cavaliers lyonnais a tiré le premier coup de feu, mais la responsabilité réelle de l'attaque incombe bien à leurs adversaires, puisque ceux-ci avaient entouré le village de Montessuyet mis les soldats de Précy dans la nécessité de faire usage de leurs armes ou de se rendre. On a dit aussi, mais sans en apporter la preuve, que les anciens cavaliers de Royal-Pologne, qui avaient été en garnison à Lyon, avaient affecté une attitude amicale à l'égard des chasseurs lyonnais pour les attaquer traîtreusement. Le régiment de Royal-Pologne s'était déjà déshonoré en livrant ses officiers aux émeutiers et les chasseurs lyonnais, connaissant de réputation et de vue ces détestables soldats, ne devaient avoir aucune confiance dans la loyauté de tels adversaires. Le lieutenant Guillot avait commis la faute de grouper ses

lagc de Caluire, mais leur supfTioritt' niiuuTique leur permit d'en occuper les principales issues.

!. Rapport de Kellcrmann du 15 août. d«'*jj\ cité.

2. Id. ]{ s'agit des jacobins détenus dans les prisons de Lyon.

4. Le rapport dit 2 prisonniers et non 3, comme les historiens lyonnais.

204 l'insurrection de lyon en 1793

cavaliers dans le village, au lieu de s'assurer des débouchés de retraite; il paya chèrement son inexpérience militaire.

Sa petite troupe avait été recueillie comme nous l'avons vue par le général Grandval. Pendant qu'elle allait se reformer en arrière de la redoute Gingenne, Grandval avec les grenadiers et les chasseurs du bataillon de Saint-Pierre, le reste de l'escadron BoUioud et les deux pièces d^artillerie attelées prenaient position sur la ligne d'avant-poste, attendant Toccasion qai ne tarda pas à paraître.

Ce n'était plus de la cavalerie, mais une colonne d'infanterie ; à Tavant-garde marchaient deux pièces d'artillerie. En voyant les Lyonnais impassibles et formant sur la hauteur uue longue ligne de baïonnettes étincelantes, au milieu de laquelle on distinguait aussi des pièces de canon, les troupes de la Convention s'arrêtèrent. Un bataillon de grenadiers' se déploya sous le commandement d'un officier général, 1«* général de division Saint-Remi, chef d'état-major de l'armée des Alpes.

La chaleur est intense; il semble que l'attaque va commencer, mais une sonnerie se fait entendre et un trompette agitant un mouchoir blanc s'avance jusqu'à portée de fusil des Lyonnais. L'aide de camp du général Grandval, le capitaine Faure, s'approche et reçoit un paquet de papiers, contenant de nouveaux exemples des sommations Dubois- Crancé, Gauthier et Kellermann.

Le général Grandval envoya d'urgence le paquet à l'Hôtel de Ville ainsi que nous l'avons vu ; il chargea le trompette d'informer le général Saint-Remi qu'il faudrait, non pas une heure, mais un délai de trois heures pour recevoir la réponse. On ne sait si le trompette le répéta au chef de l'état-major, mais celui-ci fit bientôt prendre au bataillon de grenadiers des dispositions de combat qui

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