Souvenirs de la Révolution à Li/ony Lyon, 1844, p
206 l'insurrection de lyon en 1793
nairement les hommes plus âgés et les pères de famille. On nous avait réunis dans Tun de ces monastères changés en casernes et d*où Ton avait chassé, deux ans auparavant, leurs paisibles habitants. A peine avons-nous eu le temps d'apprendre à charger nos armes avec un peu de dextérité et c'est beaucoup si chaque compagnie casernée avait pu être conduite dix ou douze fois dans la plaine des Brotteaux, sous la conduite d*un instructeur pour être exercée à marcher avec ordre, lors qu'un jour, vers dix heures du matin, le tocsin, parti de tous les clochers de Lyon, annonça que Tennemi s'approchait et que ses premières troupes étaient en vue.
Précy envoya aux avant-postes de la Croix-Rousse, les grenadiers de TUnion et la compagnie de canonniers qui les avait rejoints avec ses pièces « à la bricole ». Le général parcourut lui-même les avant-postes, recommanda à tous les officiers la plus grande vigilance et rentra à son quartier général de la place des Terreaux, en se demandant avec une légitime anxiété quelles étaient les forces qui menaçaient la ville dont il avait assumé la défense.