‹ Contre la terreurChapitre 157 sur 400 · Archives historiques de la Guerre : Année des Alpes · texte numérisé non relu

Archives historiques de la Guerre : Année des Alpes

3. Archives historiques de la Guerre : Armée des Alpes, août 11793. Rapport Relleroiann du 9 août.

210 l'insurrection de LYON EN 1793

leurs de la Croix Rousse, en face du camp occupé par les troupes de la République et qu'ils les renforçaient joumellement ; toutes les avenues de leur ville étaient ainsi défendues dans toute Tenceinte * ». L'intransigeance des deux conventionnels s'irritait des obstacles que signalait le vieux général, qui reçut l'injonction de presser l'arrivée de la troisième division. Cependant, sur son insistance, Kellermann fut autorisé à adresser une nouvelle sommation aux assiégés, Dubois-Crancé lui en dicta d'ailleurs la formule :

Au quartier général de la Pape, le 9 août 1793, lan H de la République.

Le g entrai (Vannée des A îpes et dT Italie aux citoyens qui exercent

les fonctions administratives à Lyon

Citoyens,

Je vous ai fait faire hier« par TorBcier commandant mon avant-garde, sommation de vous décider dans une heure à obéir aux décrets de la Convention nationale, vous ne m*avez pas répondu. Je veux bien croire que celui qui commandait le poste en avant de la Croix-Housse auquel cette sommation a été remise ne vous Ta pas fait parvenir. J'ai à me plaindre de ce que ce commandant, qui avait demandé trois heures, pour répondre à la sommation, a fait lâchement tirer du canon à mitraille sur les troupes de la République pendant cet intervalle et a blessé quelques soldats de mon avant-garde.

Ce procédé, qui n'a pas d'exemple dans les usages de la guerre, devrait me porter à vous faire attaquer sur le champ et à ne plus garder de mesures avec des hommes, qui se sont rendus coupables de pareils forfaits, je ne vous dissimulerai pas que la fureur de l'armée que je commande est à son comble. Cependant j'ai tenu conseil avec les représentants du peuple et dans la conviction où nous sommes que des émigrés rentrés dans votre sein et quelques-uns de leurs adhérents sont les seules causes de votre égarement et de la perfidie dont je me plains, je vous fais passer de nouveau des exemplaires de mes

1. Cette phrase fut reproduite dans le rapport du général en chef au Mi nistre de la Guerre.

sommations. Citoyens je vous réitère au nom de la Nation Tordre bien positif de déférer à cette sommation au plus tard dans le jour et je vous déclare que, faute par vous d'y obtempérer, j'emploierai tous les moyens de force qui me sont confiés ; Vous répondrez du sang qui coulera et des maux terribles qui accompagneront votre résistance.

Kbllermànn 1 .

Ce message confié à un trompette parvenait à onze heures du matin aux avant-postes du général Grandval, qui, après l'avoir expédié à l'Hôtel de Ville, envoyait au général de Précy rhumouristique billet que voici :

Général,

Par les apparences et d*après les reconnaissances que nous avons faites, nos ennemis se retranchent et se disposent à nous attaquer bientôt, et je ne doute pas que la journée de demain ne soit dès demain matin leur début vigoureux.

Vous savez, Général, que voilà trois nuits que je n'ay déshabillé ni dormi. Je vou« prie de me faire remplacer demain matin. Je suis seulement sur le grabat et je sens la goutte.

Grànovàl.

Ce 9 août a.

Le commandant de Tartillerie des avant-postes et des redoutes de la Croix-Rousse écrivait de son côté au général en chef des Lyonnais :

1. Archives historiques de la Guerre : Armée des Alpes, août 1193.

2. Archives départementales, 1193. — Le même jour, un officier de gendarmerie ignorant ce qui se passait dans le Forez, donnait, de lui-même, Tordre suivant :

Lyon, le 9 août.

Ordre an lieutenant de gendarmerie Mathon, à Montbrison, de se endre à Lyon avec toutes les brigades qu'il commande, équipées et armées.

Le premier capitaine de la gendarmerie nationale de Rhône-et-Loire,

GUIOORIT VORION.

(Collection Cosfe, p. fiil.)

212 l'insurrection de lyon en 1793

Mon GENERAL,

Je viens de reconnaître, d'après Tordre du général Grandval, les batteries des remparts de la Croix-Rousse, Ton pourrait inquiéter et même empêcher Tennemi de se fortifier à la Maison Blanche, au-dessus de Montessuy.

J'ai observé de près les travaux et je suis persuadé que demain matin, ils seront assez avancés pour bombarder le faubourg.

Aussi je vous prie, mon Général, de donner Tordre de tirer soit de la Croix-Rousse, soit du poste des Colinettes.

Bayon,

Chef d*artillerie de la division de Grand val *. Ce 9, à 1 heures.

Précy y envoya aussitôt le chef d'état-major de Tartillerie qui fit tirer quelques coups de canon sur des troupes en mouvement. Le résultat paraît avoir été inoffensif, ce que souhaitait très probablement Reux, qui en rendit compte en ces termes :

Général,

L'ennemi vient de descendre la côte du Rhône. La communication est établie, il ne reste à Montessuy que six pièces de canon et à peu près mille hommes. Ils voulaient descendre à demi portée des pièces de 8 des Colinettes. Je leur ai pointé et tiré une pièce de 8 qui lésa fait rétrograder. Je suis, après examen avecletélescope, leur mouvement. Je crois qu'il est nécessaire de faire de suite enlever tout le bétail des Brotteaux et tout le vin,

il est temps.

Rbux.

Lyon, 9 à 8 heures et demie ^.

L'heure avancée de la journée ôlait toute importance au mouvement signalé ; il ne s'agissait d'ailleurs que d'un changement dans l'assiette du camp.

Page 1