‹ Contre la terreurChapitre 171 sur 400 · Vaësen, Documents imprimés précités, ii · texte numérisé non relu

Vaësen, Documents imprimés précités, ii

3. Ordre signé : Derriani, Répond Fignot, officiers municipaux.

âi8 l/lNSlIBRECTlON DE LYON EN 4793

Le général de Précy prévenu arriva avec un détacbement d'infanterie qui, sous sa direction, occupa les Brotteaux. Il était temps, car une colonne de cavalerie et deux pièces de canon de la division Vaubois ouvraient le feu sur le convoi. Précy et Chônelette firent répondre par les batteries de la redoute Morand et des Brotteaux, et Tennenii, violemment canonné, battit en retraite, pendant que le convoi accostait le quai et était prompteraent débarqué *. Dans cet engagement, comme dans ceux qui se livraient journellement aux avant-postes de la Croix-Rousse, les Lyonnais faisaient bonne contenance. Soldats improvisés, revêtus d'un costume moitié militaire moitié civil, ils portaient presque tous, en raison de la chaleur, des pantalons de toile blanche ou jaune, ce qui les faisait appeler, par leurs adversaires mieux équipés, « soldats de cretonne ou de nankin », ou même simplejfnent « les jaunes », cette couleur dominant dans ce singulier uniforme.

Alors que le détachement de la division Vaubois regagnait son camp de la plaine de Bron, le général Vaubois retrouvait, tous les officiers généraux, chefs de corps et de service de Tarmée de la Convention, réunis au château de la Pape, vieille demeure que dominent deux hautes tours carrées et qui se dresse fièrement sur la rive droite du Rhône. Dans la grande salle basse dont les fenêtres donnent sur le fleuve, se pressaient, à distance respectueuse des deux conventionnels Dubois-Crancé et Gauthier et du général Kellermann, les généraux de division Dumuy et Saint-Remi, les généraux do brigade Lajolais, Petit-Guillaume et Vaubois, le commissaire général des guerres Alexandre, les chefs de

1. « Une action s'engage avec Brotteaux. Le feu se soutient avec vigueur, et la victoire nous reste, les provisions entrent. » I.e Bulletin départemental, n" 8 (du 14 août), fait à ce sujet un éloge dithyrnnibique de Précy, qu'il termine ainsi : « Précy est votre ami, votre frère, liez-vous à ses talents. Tous les hommes de Tari, jusqu'à Relleruiaiin. rendent hommage à son savoir militaire. »

ENGAGEMENTS D ATAWT-POSTES 259

brigade * Lagrange, commandant l'artillerie, La Roque, du 5* régiment de cavalerie, Beaumont, du 9* régiment de dragons, les chefs de bataillon Valette, du 5* bataillon de grenadiers, Massol, du 1*' bataillon de TArdèche^, Lasserre, du 2* bataillon de TArdèche, Davin, du 3* bataillon de la Drôme, Pouget, du 1" de TAude, Marignac, du 1*' du Gard, Mayer, du bataillon franc de la République, Saint-Privé, du 2* bataillon du 13* régiment, Prouvereau, du 6* bataillon de la Gironde, Coyade, du 3* de risère. Petit, des gardes nationales de TAin, Lixot, commandant le bataillon des pionniers, Laroche, commandant du génie, PAris, commissaire des guerres, Bayle, chef d'escadron de la gendarmerie de Tarmée, et Gaugelin, commandant les Lyonnais jacobins sortis de la ville et formés en détachements d'éclaireurs.

Le véritable président de ce conseil de guerre n'était pas le brave Kellermann, l'officier général expérimenté et populaire investi du commandement en chef des armées des Alpes et d'Italie, c'était Dubois-Crancé, ou plutôt Dubois de Crancé, ou même, comme il se faisait appeler jusqu'en 1789 : Crancé de Balham !

Le régicide aurait tout voulu détruire de son passé de gentilhomme; quatorze ans dans la Maison du Roi^, sa lientenance des maréchaux de France pour la province de Champagne et la supplique tant de fois renouvelée pour la croix de Saint-Louis que le ministre La Tour-du-Pin eut enfin la faiblesse de lui accorder*.

Cet ambitieux dépourvu de scnipule s'érigeait en

1. Le chef de bataillon Alleaa, du bataillon n* 2 de VAnlèche, bmsqncment indisposé, fut obligé de se retirer au moment de la délibération. Oa fit courir le bruit que les Lyonnais l'avalent empoisonné, ce qui était absolament faux.

Page 1