Id
4. M. Passerat de la Chapelle avait quitté depuis longtemps le service comme lieutenant d'infanterie. Il avait soixante ans quand il reprit les armes au siège de Lyon.
5. M. de Fontet dit dans son rapport du U août : « Nous, nous gardons notre poudre pour ne pas la tirer aux moineaux. L'armée que je commande est en grande partie bonne et pleine de valeur. » Le mot « armée» est un peu exagéré pour désigner deux ou trois bataillons.
236 l'insurrection de lton en 1793
cette nouvelle était bientôt confirmée par le frère du soldat félon. Nous avons eu cette lettre entre les mains et nous la reproduisons, en taisant seulement le nom du signataire, qui appartenait à une famille des plus honorables :
14 août.
Au poste Saint- Georges.
Je viens d'apprendre mon général, que mon frère n'a pas paru depuis hier. Je suis désespéré de cet événement et j'ai déjà semé le bruit que je craignais qu'il n'eût été tué ou fait prisonnier. Je vous prie pour moi et pour Tintérèt de la chose même d'appuyer ce bruit.
Retenu à mon poste par le devoir et par une incommodité que la démarche de mon frère aggravera sans doute par le chagrin qu'elle me cause, je n'ai pu avoir l'honneur de vous voir. Je vous prie de m'excuser et de me plaindre.
Dans la soirée du 14 août, Précy apprend Tarrivée imprévue d'un parlementaire. Il semble qu*au moment d'attaquer sans merci la ville qu'ils détestaient, Dubois- Crancé et son adjoint Gauthier aient éprouvé un dernier remords et qu'ils aient voulu tenter un accommodement. Quoiqu'il en soit, ils avaient choisi le commissaire des guerres Paris, homme d'un jugement calme et impartial, estimé à l'état-major de Kellermann pour sa droiture et la sévérité de ses mœurs et lui avaient confié une lettre pour les corps administratifs de Lyon. Les représentants envoyaient, le môme jour^ à la Convention deux arrêtés, datés du 10 et du 12 août. Le premier portait démembivment de Rhône-et-Loire et la création sous le nom de département de la Loire d*un nouveau département composé des trois districts qui formaient « le ci-devant Forez »>. Cette mesure leur avait paru indispensable pour faire
i. Archives départementales.
cesser raulorité « des rebelles de Lyon » sur une population de 300.000 âmes*.
L'autre arrêté, inspiré aussi par le désir d'isoler Lyon, portait la création d'une municipalité au faubourg de la Guillotière et la réunion de cette commune au district de Vienne, département de l'Isère 2.
Paris, précédé de son trompette de dragons qui sonnait au parlementaire, s'approche des avant-postes lyonnais du général Grandval, ce dernier venait de passer l'inspection de ses batteries et de demander le renforcement do son matériels Ni l'arrivée du commissaireordonnateur, agitant un mouchoir blanc, ni les sonneries de son trompette n'arrêtent le feu de mousqueterie très vif qui vient de s'engager entre le bataillon de grenadiers de Kellermann et les troupes lyonnaises. Toutefois à la vue du parlementaire le feu de ces dernières se ralentit, mais il n'en est rien du côté des soldats de la Convention. En vain le trompette se tourne-t-il de leur côté, redouble-t-il ses sonneries pendant que Paris multiplie ses gestes de pacificateur, le feu continue toujours sur toute la ligne des avant-postes de Kellermann^. L'envoyé des représentants a mis pied à terre pour s'abriter, son cheval effrayé des coups de feu s'enfuit, le trompette lui-même retourne au camp sans s'inquiéter autrement de l'officier qu'il escortait. Enfin Paris s'approche du poste Panthod gardé par les grenadiers de Guillaume-Tell et le bataillon du port du Temple en agitant toujours son mouchoir blanc.
Les Lyonnais lui serrent la main, l'embrassent; une petite escorte de « citoyens soldats » lui fait franchir les