‹ Contre la terreurChapitre 188 sur 400 · Balleydier, Hisfnire de h/on, t. H, p · texte numérisé non relu

Balleydier, Hisfnire de h/on, t. H, p

France ne devait plus être tiré dans des conditions aussi favorables pour le pointeur, car, depuis la perte de son cheval, Dubois-Crancé semble s'être tenu hors de portée des projectiles.

Les batteries de Montessuy ayant riposté, celles de Cuire, de Gingenne et de Nérac leur répondirent, la canonnade dura plusieurs heures, demeurant à peu près inoffensive ^

Le général Dumuy avait pris provisoirement îe commandement de toutes les troupes de siège ou, comme on disait à la Pape, des troupes des trois camps (Caluire, Limonest et la Guillolière). Le général Saint-Remi, chef d'état-major, souffrant et suspecté par l'entourage des représentants comme « ci-devant, » devait être suppléé, le plus souvent, par Tadjudant-général Sandos, qui avait de meilleures références.

Du ministère de la (iuerre arriva Tavis d'un renfort important : 4.000 hommes, provenant de la garnison de Valenciennes, «aguerris et animés du meilleur esprit». Dumuy, voulant faire preuve d'initiative et espérant écarter les dangereux soupçons de Dubois-Crancé et de ses collègues, donna les ordres qui suivent :

La moitié de Tarmée bivouaquera cette nuit, les commandants des bataillons, les adjudants-généraux et autres officiers de r Etat-Major, les officiers généraux^ se partageront la nuit pour faire de fréquentes rondes vers les postes avancés et dans les camps pour les tenir en alerte.

Deux compagnies de grenadiers se rendront sur le champ au poste des chasseurs de TAriège sur le chemin qui conduit à la porte Saint-Clair. Les sentinelles avancées dans ces postes seront toujours de service deux ensemble et relevées

i. Bulletin clépnrtementnl, n" 13 (du 20 août). On peut relever les inexactitudes intéressées dans cet organe, comme l'affirmation de n'avoir eu que quelques blessés et d'avoir tué trente hommes à l'armée de la Convention, alors (jue les rapports de cette armée ne signalent aucune perte.

2. On remarquera comme révélant bien les mœurs de l'époque la prudente modestie qui assigne aux généraux la dernière place dans cette énumération.

266 l'insurrection de lyon en 1793

toutes les deux heures pour éviter qu'elles ne s'endorment ou se négligent.

Deux escadrons du 5*^ régiment de cavalerie et un demibataillon de la Drôme avec deux pièces de canon se rendront sur le champ au quartier général de la Pape, où ils bivouaqueront avec le demi-bataillon de TAriège. 40 cavaliers seront détachés sur le chemin de la porte Saint-Clair, ils seront commandés par un capitaine et un lieutenant. Ils y bivouaqueront deux cents pas en arrière des chasseurs de TAriège et des deux compagnies de grenadiers.

Il restera 50 cavaliers commandés par un capitaine et un lieutenant à leur poste du camp de Caluire. La garde du pont de bateaux sera doublée et bivouaquera.

Les officiers de tous grades logés au quartier général, la compagnie de la gendarmerie nationale et les guides resteront bottés toute la nuit, chacun ayant un cheval sellé pour y monter à la première alerte.

Le Général de division

Chef de V Etat-Major de V Armée des Alpes,

Pour copie conforme :

VA djudant-général^ Th. Sandos *.

Malgré ces préparatifs d'attaque, la journée du 20 août àe passa sans incident marquant. Au camp de la Guiilotière, le général Vaubois constata que ses batteries étaient encore trop exposées au feu des Lyonnais pour reprendre son essai de bombardement. Au camp de Limonest, le général Rivaz, commandant un rassemblement de gardes nationaux mal armés et indisciplinés, se félicitait d'être séparé par deux lieues et demie de l'enceinte de Lyon. Il crut devoir, sur son initiative personnelle, envoyer une petite colonne d'infanterie et de cavalerie pour observer et occuper au besoin Ecully ', à deux lieues de son camp, et qui était à un quart de lieue de l'enceinte.

1. Arrhirrs historifjKcs de la Guerre : Armée des Alpes^ îioûl 1193.

2. Id. : JUijipnris des trois camps <lu MO au 21 août. Il y a « Eciilier '> sur le ra|»[iort du grni'ral Saiut-ROuiy, c'est E<*ully qu'il faut lire.

L'infanterie était formée par un demi-bataîllon de volontaires de Saône-et-Loire. Ce détachement s'établit à une croisée de chemin près du château de Villeneuve; un de ses petits postes fut surpris par une patrouille de chasseurs de Précy, qui lui captura un officiera

Les hussards du général Rivaz ne furent pas aussi audacieux; arrivés à deux portées de fusil du bourg d'EcuUy, ils apprirent que cette localité était occupée par un détachement de l'armée lyonnaise, tant d'infanterie que de cavalerie - ; on parla môme de deux pièces de canon, ce qui était inexact. La vérité était que la garde nationale d'Ecully et celle de Dardilly, qui s'était jointe à elle, toutes deux du parti lyonnais, occupaient encore Ecully sous le commandement de leur chef de légion, M. Carra de Vaux, ancien capitaine au régiment d'Orléans infanterie. C'était précisément lui qui, ayant à sa disposition quelques chasseurs, les avait envoyés en patrouille vers le Nord. La petite colonne du camp de Limonest y revint précipitamment, redoutant d'être coupée 'K

Devant la Croix-Rousse, les troupes du camp de Caluire continuaient à observer les avant-postes, quelques coups de canon furent tirés sur les positions lyonnaises dont l'artillerie riposta, tua deux grenadiers et en blessa deux autres. Un cinquième et un canonnier disparurent'*. Le bruit courut qu'ils étaient originaires de Lyon et avaient été rejoindre leurs compatriotes.

Dans les trois camps, pour ne pas mécontenter Dubois- Crancé, les états-majors redoublaient de zèle. Sandos faisait partir un officier pour (irenoble afin de presser le départ de 200 grenades à main, avec fusées chargées, et de 2.000 sacs à terre, le tout destiné au camp de la Guillotière. Deux adjudants-généraux, Pouget et Lécuyer,

1. Rapports lies trois camps du 20 au 21 août (Archives historiques de la liuerre: Armée des Alpes).

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