Rafifiorts (h's tmis: ramps^ du 20 au 21 îioûl
avait élé le refuge de tous les aristocrates du Midi. On a compté, à un moment, plus de 4.000 réfractaires ^ dans LyoD, plus de 6.000 nobles ou faisant les nobles"^ ».
L'ancien mousquetaire critiquait ensuite les négociants lyonnais «concentrés dans leurs idées de fortune individuelle, trafiquant ardemment des embarras de TEtat pour s'enrichir », les hommes de loi, « vermine de l'ancien régime », les oisifs, les rentiers timides et les étrangers brouillons c< qui, soit dans les administrations, soit dans les endroits publics, semaient le poison de leurs intentions perfides ». Leurs auxiliaires ont été « les femmes galantes, tous les muscadins, tous ces êtres orgueilleux et frivoles, etc. ».
11 rappelait sa mission à Lyon pour assurer les subsistances et les approvisionnements de Tarniée des Alpes, de concert avec trois de ses collègues, et là Dubois-Cran ce travestissait encore outrageusement les faits ''^, se donnant comme un homme de conciliation et d'apaisement, alors que, de Grenoble, il avait encouragé tous les excès de pouvoirs de la municipalité jacobine de Lyon.
Après avoir mentionné Tenvoi des députés extraordinaires et des courriers de Lyon à Marseille et à Bordeaux, « villes déjà frappées des décrets de la Convention », le représentant de la Montagne constatait, que le fédéralisme avait été vaincu partout. qu*il ne restait plus que la Vendée, Toulon, Marseille et Lyon en état de révolle.
Dans cette ville de Lyon qu'il savait absolument acquise aux principes républicains, il osait reprocher à ses habi-
1. Ce qui roulait dire plus de 4.000 prêtres ayant refusé le serment (afBrmation absolument exagérée).
2. « Faisant les nobles » de la part del'ex-gentilhomme devenu Jacobin forcené est une réminiscence aristocratique vraiment grotesque.
3. Il prétendait qu'un adjudant-génrral, envoyé i).ir lui en Suisse pour y reconnaître l'esprit public (ce qui était besogne de policier et non de militaire^ lui écrivait de Bei*ne, le 20 mai, que les énugrés aiuioniviient publiquement le mouvement insurrectionnel de Lyon. La vérité élait que la résistance des sections donnait de l'espoir à tous ceux qu'indignaient les abus d'autorité de Chalier et de ses complices.
270 l'insurrection de lyon en 1795
tants d'avoir été entraînés « par les intrigants coalisés de Pitt et de Cobourg », l'éternelle ritournelle jacobine. Jouant Tattendrissement, il s'écriait : « Que gagneriezvous à résister et à vous rendre coupables, vous dont on aurait pardonné Tégaremeût, vous que nous aurions embrassés? »
Ensuite il revenait aux menaces, ce qui lui était plus familier : « Les mortiers sont placés, les bombes sont prêtes, les boulets rougissent et la flamme va vous dévorer. Mais je suppose que vous puissiez résister dans ce moment aux efforts de la République, penseriez-vous pour cela faire la loi à la nation entière ? Ne voyez-vous pas tous les Français vous rejeter de leur sein et vous interdire toute communication avec eux? » Les adjurant de faire leur soumission : « Réfléchissez, Lyonnais, il est encore temps, demain il ne le sera plus. Vous avez pu croire jusqu'ici que Ton ne vous faisait que des menaces vaines pour vous intimider; mais tout est prêt, dans une heure on peut vous incendier. » Le Conventionnel terminait en protestant qu'il n'obéissait à aucun sentiment de rancune personnelle, que jamais les injures des Lyonnais ne l'avaient afl*ecté!... «Vous dites que vous avez accepté la constitution, que vous êtes nos frères, prouvez-le donc en ouvrant amicalement vos portes, en nous remettant ce que vous avez pris à la République. Marchons ensemble à la frontière, et que l'aspect seul de nos cmbrassements fasse fuir nos ennemis. Alors toutes vos craintes seront dissipées, vos personnes et vos propriétés seront respectées ; la Convention même peut faire grâce aux coupables, s'ils prouvent qu'ils n'ont été qu'égarés ^ S*ils sont des conspirateurs^, auriezvous l'impudeur de les défendre? Le pourriez-vous sans vous avouer leurs complices? Ainsi votre sort est dans