Morin, t. III, p
troupe ennemie qui couvrait une tentative de passage de rivière. Avec les chasseurs de Précy, il Tavait retrouvée à Yernaison, au moment même où des officiers du génie commençaient un pont de bateaux. Bateliers et troupe de soutien avaient été dispersés. Trois « penelies » avaient coulé à fond ; les chasseurs de Précy s'étaient emparé de six autres; douze soldats de la division Rivaz restaient sur le terrain K
Il y avait eu grande émotion au Comité de surveillance générale avant Tarrivée du parlementaire de Dubois- Crancé; plusieurs personnes étaient venues déclarer avec beaucoup de véhémence et d*indignation qu'à une des fenêtres de Thôpital militaire de Sainte-Irénée, on voyait ûotter le drapeau blanc'. Le bruit s'en était répandu dans les quartiers de la rive droite de la Saône et des groupes tumultueux étaient en marche vers la place des Terreaux et rhôtel commun en vociférant : « Â bas les émigrés! Vive la République ! » On ajoutait même : « A mort d'Artois! » Ce prince indécis et léger que devaient toujours attendre les Vendéens paraissait le chef désigné de toute insurrection rovaliste.
Le calme Précy, dans son quartier général de l'abbaye de Saint-Pierre, en avait été informé. La nouvelle, si elle avait reçu confirmation, n'était pas pour déplaire à l'ancien lieutenant-colonel de la garde du Roi et à beaucoup de ses officiers mais il ne paraît y avoir accordé aucune créance, d'ailleurs la constatation du fait ne relevait point des militaires. Précy s'abstint donc et n'envoya personne pour contrôler la nouvelle, conlinuantàs'occuperutilement de la défense et à vérifier avec le commissaire des guerres Vallès l'étal des approvisionnements de toute nature qui lui semblaient bien insuffisants.
Bomani partit en toute hato, ainsi que quelques collègues escortés d'une forte patrouille, pour l'hôpital, « Irénée »,