Même BuUelin f/éparfcmcnial, n° 14, 21 août
274 l'insurrection de lyon en 1793
dignité qui convient à la majesté d*an peuple qui met la sienne dans la vérité.
Le rôle de Dubois-Crancé, toujours hostile à la population lyonnaise, est rappelé avec une concise précision : il a calomnié cette population en affirmant qu'elle subissait la corruption de Pitt et Cobourg, qu'elle était Tasile des émigrés; il lui a déclaré la guerre de sa propre autorité et sans qu alors aucun décret l'ait autorisé.
« Qui ne voit votre embarras ponr nous trouver des torts ? Vous nous accusez d'avoir aimé la monarchie à une époque où la monarchie était constitutionnelle, or c'eût été une rébellion à la loi que de proférer d'autres principes. »
Et depuis, la population de Lyon n'a-t-elle pas accepté la constitution républicaine? Elle n'est pas responsable des « calomnies des émigrés ni des espoirs des Piémontais ». Le vrai coupable, c'est Dubois-Crancé. La fin estvraimentbelle.
Le peuple de Lyon a résolu de résister à Toppression ou de périr et, quel que soit son sort, une grande gloire Tattend, mais nous déplorons le malheur de la République que vous livrez à ses ennemis. L'histoire un jour dira que vous n'osâtes pas les arrêter, que vous trouvâtes plus dignes de votre courage d'égorger vos frères, d'incendier leur ville, que de défendre leurs frontières.
Nous ne vous ouvrirons point nos portes.
Si vous aimez la Patrie, marchez à Fennemi. Que la Convention retire ses décrets contre l^yon, et vous nous verrez bientôt sur vos pas. Là, nous fraterniserons et vous jugerez par notre courage comment nous saurions nous défendre '.
Lyon, ce 22 août 1793, l'an 11 de la République.
Bkmani, RoiniEz^,
Président. Secrétaire général.
1. Guillon (le Monlécm, t. I, p. 403. — V. aussi, Vaësen, Douments imprimés. Le Si('f/i\ p. 64.
2. l'.rMibi«'z •'•t.iit un religieux de la Congivgation de TOratoire ; il appartenait avant la Urvcdution à un couvent de Marseille, et était venu se
Dans sa seconde réponse, le Comité se bornait à rappeler à Gauthier, avec une brièveté dédaigneuse, son attitude repentante au lendemain du 29 mai et les promesses faites au sein des corps administratifs'.
La réponse à la lettre de Chambon fut très précise: ce n'était point aux Lyonnais qu'il fallait reprocher d'avoir retenu le matériel et les munitions destinés à l'armée des Pyrénées, au contraire, ils avaient laissé sortir de leur arsenal des canons et des munitions que réclamait cette armée; les représentants les avaient arnHés à Pont-Saint-Esprit et gardés pour le siège de Lyon. Kellermann avait demandé qu on lui rendit les dragons et les canonnicrs de ligne restés à Lyon de leur plein gré, ils campaient maintenant dans les rangs des assiégeants. Le peuple de Lyon ne demandait qu'à s'unir à tous les bons citoyens pour repousser Tennemi du dehors-.
Paris, commissaire des guerres, ce qui répondrait dans notre organisation actuelle au grade d'intendant militaire et réduit par la volonté du tout-puissant Dubois-Crancé au rôle d'estafette, emporta, avec tristesse, les itères réponses des autorités lyonnaises prévoyant également qu'il n'y avait plus d'espoir de réconciliation. Il gardait le souvenir reconnaissant des égards dont il avait été Tobjet. L'envoyé des représentants regagna, dans la soirée du 21 août, les avant-postes de la Crôix-Rousse. De part et d'autre le feu n'avait pas été repris depuis la veille. Les Lyonnais se recueillaient et les soldats de la Cîonvention se préparaient...
Lorsque F^âris arriva au château de La Pape, Dubois- Crancé Tattendail avec impatience, espérant l'échec définitif des pourparlers et relisant lièvrcusement le rapport du général Vaubois qui commandait le camp de la Guillotière.
réfugier à Lyon, où il donnait des leçons dans une institution particulière comme professeur de latin.