Bulletin déparfemenla/, n' 1") (du 22 août
284 l'insihrection du lyon en 1793
écourter son voyage d'inspection militaire en Savoie pour regf^gner le quartier général de la Pape. Le général en chef avait constaté que les Piémontais, commandés par Tincapable général autrichien de Vins, se livraient à une vaine démonstration dans la Tarentaise et la Maurienne ^ et que l'armée des Alpes, quelque diminuée qu'elle fût, gardait toutes les positions, tous les défilés qui lui avaient été confiés. Gauthier, chargé de contrôler les appréciations de Kellermann, signala le général Le Doyen comme ayant ordonné à ses troupes en Maurienneune retraite que le représentant jugea» précipitée », Dubois-Crancé se rappela que cet officier, alors adjudant-général, n'avait pas su vaincre les Lyonnais le 29 mai et le dénonça avec empressement au Comité de Salut public en ajoutant que les opinions antérieures de Le Doyen le rendaient suspect. Dubois-Crancé dénonçait si volontiers.
Dans la lettre qu'il écrit à ce sujet au Comité de Salut public, il se comble lui-môme d'éloges.
Nous avons résisté aux clameurs et à Topinion prononcée même par les généraux qu'il fallait retirer des troupes de devant Lyon pour les reporter aux frontières, nous avons toujours pensé que TefTort des Piémontais n'était qu'une mise ou tentative pour former une diversion favorable aux Lyonnais, que le foyer de Tincendie était au centre de cette ville, et qu'en la réduisant, nous anéantissons du même coup tous les ennemis de la République aux Alpes et aux Pyrénées^.
1. <^ Commandée parle marquis de Cordon, l'armée du Mont Ccnis devait suivre le cours de l'Arc à travers les vall«?*es de la Maurienne, tandis que les troupes du duc de Montferrat, attaquant les Français à Saint-Maurice au pied du Saint-Brruard, devaient les pousser devant elles et rejoindre l'armée de Maurienne au confluent de l'Arc et de l'Isère. » (M'* Costa de Beauregard, Un hominv (l'aulrefins, Paris Pion, 1896, p. 186-181.)
L'auteur rappelle d'ailleurs, d'après les souvenirs de son arrière grandpère, alors capitaine dans l'armée du général de Vins, cpie « lorsque les troupes reçurent l'ordre de marcher, aux derniers jours d'août 1793, le petit nombre des bataillons engajîés, comme le manque de réserves et d'approvisionnements, indiquait à l'œil le moins exercé, l'arrière-pensée de se borner à une démonstration ». (Même ouvrage, p. 186.)
2. Les représentants au Comité de Salut puJ>lic. Arrêtés imprimés. Collection Charavay, p. "ï.
N'était-ce pas le moyen de se justifier lui-même?
Le bombardement de la nuit du 22 était décrit avec beaucoup d'exagération : une grande partie des maisons de Bellecour avait été la proie des flammes, plusieurs rues qui aboutissaieût h la place des Terreaux ne formait plus qu'un monceau de cendres. On évaluait à 2.000 personnes le monde qui avait péri dans Lyon cette nuit*, etc. Tous^^ ces renseignements étaient inexacts.
11 n'y avait de strictement vrai que le projet de reprendre le bombardement :
Nous avons donné deux jours de repos aux troupes épuisées de fatigue par les travaux antérieurs. Nous avons voulu donner aussi le temps au malheureux peuple d'ouvrir enfin les yeux. Il ne nous arrive aucun acte de regret, le trompette qui nous a été envoyé pendant le feu et qui a porté un instant de joie dans nos âmes, apportait en réponse à notre nouvelle et dernière proclamation des injures pour nous et la détermination de rester en révolte contre les décrets de la Convention ^.
La journée du 23 s'était passée sans incident, la population conservant son calme et vaquant à ses occupations habituelles. Les ouvrages fortifiés avaient été minutieusement visités par les adjudants-généraux de Précy qui avaient constaté leurexcellent état de mise en défense et vérifié les approvisionnements de munitions.
Pendant la nuit du 23 au 24, des incendies se déclarèrent dans les rues du Plat-d'argent et de rHôpital*'. Les immeubles atteints n'avaient pas souffert du bombardement*; la cause du sinistre ne s'expliquait pas. Les pompiers et les gendarmes découvrirent des matières combustibles, qui avaient étr apportées et allumées clandestinement par des malfaiteurs restés inconnus.
On sut également, par les aveux d'un Jacobin, que plusieurs agents de Dubois-Crancé avaient comploté « de