‹ Contre la terreurChapitre 201 sur 400 · Id · texte numérisé non relu

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former des fausses patrouilles, de s^offrir pour prêter secours en cas d*incendie, chercher et faciliter Tentrée aux ennemis du côté du pont de pierre au delà de la Guillotière, entrer dans les maisons, poignarder, voler, assassiner soit avec des armes cachées, soit par les fenêtres, soit par des armes ostensibles ».

Deux personnages suspects avaient été arrêtés et fouillés. On découvrit dans leurs chaussures la dernière proclamation des représentants *.

De même que, pendant Tadministration de la municipalité jacobine, beaucoup de royalistes s'étaient cachés dans le quartier Saint-Just, un grand nombre d'individus suspects et paraissant des agents secrets de la Convention s'y étaient réfugiés et furent signalés au Comité de Salut public et de surveillance. La section c des droits de rhomme », par Torgane de son comité, affirma que « ce quartier renfermait plus de 200 individus paraissant avoir des projets criminels et liberticides ». Le même comité demanda que, passé six heures du soir et avant sept heures du matin, les bords de la Saône fussent rigoureusement surveillés *. Aucun batelier ne devait être autorisé 5 aller et venir sur la rivière.

Redoutant un nouveau bombardement, plusieurs sections demandaient aussi que, la nuit, les premiers étages de chaque maison fussent éclairés et les portes d'allées ouvertes avec une lumière, afin de faciliter les secours d'incendie -K Enfin le Comité particulier de surveillance et de sûreté publique ordonna l'ouverture de l'église du Bleu céleste, désaffectée du culte et il y fit transporter les prisonniers sous bonne et sûre garde *.

1. Registre du Comité de la section des droits de l'homme. Collection Rosas. (Vaësen, Documents^ p. 69.)

2. Registre du Comité de la Section des droits de Thomme. Collection Rosas.

4. Réquisition signée : Gravai, Chasserier, Blanc et Pierre Loir. Colleclion Coste.

Le Comité de Sûrelé générale et de Salut public avait décidé qu'une Commission militaire serait instituée pour juger, dans les vingt-quatre heures, tous les délits qui intéresseraient la sûrelé publique pendant la durée du siège. Cette Commission serait composée d'un président pris provisoirement dans les administrations réunies et, avec l'approbation des sections,de cinq membres militaires prélevés sur Tétat-major des troupes de sûreté, dont quatre faisant fonctions de juges et le cinquième celles de commissaire-rapporteur, etenfin d'un secrétaire-greffier choisi par la Commission ^

C'était, en fait, la cour martiale; elle était composée de l'administrateur Loir déjà président du Comité spécial de surveillance, président, du colonel de Vichy, des capitaines de Châteauvieux et de Plantigny, ce dernier aide de camp du général de Précy, du lieutenant Carré, juges, du lieutenant Savarin, juge suppléant, de M. Deschamps, avocat, capitaine de la garde nationale, accusateur public, de M. Moulin, secrétaire-greffier.

Le 24 août, pendant la matinée et les premières heures de l'après-midi, les avant-postes restèrent silencieux de part et d'autre, mais, à cinq heures du soir^, les batteries des canons de 16 et de 2i de la Guillotière commencèrent à tirer à boulets rouges ; celles de Montessuy en firent autant à cinq heures et demie, concentrant leur tir sur le quartier Saint-Clair, où elles allumèrent un incendie qui fut bientôt éteint.

Les batteries lyonnaises de la Croix-Rouge et du quai du Rhône répondent avec beaucoup d'énergie jusqu'à huit heures du soir; pendant une heure et demie, le duel d'artillerie continue sans avantage et môme sans résultat

i. BuUeiin df^parlemenfaL n*i^ au 22 août.

2. Les rapports des trois camps C(Ttirn'*s par le gi-néral Saiiit-Remi, chef d'étal-major, mentionne cinq lieures comme comiin;ncpment du bombardement à la Guillotière et à Montessuy, et non quatre heures comme le disent les repr^îsenlnnls dans leur rapport à la Convention.

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appréciable, les coups de canon s'espaçant de plus en plus. Précy ne croyait pas que Tennemi tentât quelque attaque de vive force sur aucun point. Une reconnaissance de Vaise l'informait que le camp de Limonest prenait de plus en plus d'importance, que les troupes de la Convention construisaient sur la hauteur de Salvagny^ une redoute considérable qui permettrait de surveiller la route de Moulins et d'intercepter les convois de subsistance à destination de Lyon*^.

L'obscurité était absolue vers dix heures du soir et les batteries de la défense avaient cessé leur tir lorsque, du côté de la Guillotière comme du côté de Montessuy, on entend les détonations des mortiers ennemis. Des bombes tombent sur le quai du Rhône et sur les quartiers du centre.

Bientôt un employé de THôtel-Dieu, en proie à une extrême émotion, arrive au quartier général, il annonce que la toiture de l'hôpital est éventrée, les voûtes s'effondrent, des éclats de projectiles ont déjà tué ou blessé grièvement plusieurs malades. Leurs voisins errent éperdus dans le vaste édifice où l'incendie s'est déclaré. Le voisinage d*une batterie lyonnaise a probablement contribué à attirer accidentellement sur le refuge do douleur et de charité les bombes meurtrières et incendiaires, mais la funeste erreur continue, si c'est vraiment une erreur. Précy et ses aides de camp courent à THôtel-Dieu.

De nouvelles bombes pénètrent dans les bâtiments embrasés. Le commandant des pompiers, M. Mouton de Fontenilles et le lieutenant-colonel do Trézette, de la gendarmorio départementale, à la tête do leurs hommes, combattent Tincendie, au milieu de Téclatement des projectiles. Précy et les officiers qui l'accompagnent, cherchent à rassurer les neuf cents malades absolument

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