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2. RapjMH'ts des trois camps du 24 août, (.trchircs histnriffues de la (inerte : Anne'e des A/peSy août 1193.1
LES BOMBARDEMENTS DES 22 ET 2i AOUT 289
aiïolés. Les chefs du personnel médical, MM. Rey, Cartier, Petit, Haillard et Desgranges sont admirablement secondés par les religieuses de Thôpital et par plusieurs dames de la société lyonnaise, mais la panique à peine apaisée se renouvelle à chaque bombe qui éclate.
Le D'' Petit qui assistait à ces scènes terrifiantes en a laissé un tableau saisissant :
Un seul cri se fit entendre, ce fut celui d'une terreur universelle. On se lève, on fuit, on se précipite pour échapper à la mort ; partout on la rencontre et vainement nous cherchons un abri à la lueur de la foudre. Toutes les douleurs sont oubliées ; nul ne connaît de mesure que la crainte, nul n'a besoin d'un bras pour appuyer sa faiblesse et chacun, jusqu'au malheureux dont les membres brisés se refusaient au mouvement, se traîne avec de longs hurlements loin de son lit que la flamme dévore.
Nous vîmes, nous admirâmes dans les hospitalières de cette maison ce zèle ardent, cet abandon de soi-même qui peut bien commander le devoir, mais qui ne peut être soutenu que par un ardent amour de l'humanité.
Quarante-deux fois le feu menaça d'embraser nos salles, quarante-deux fois il fut éteint.
La première bombe qui fut lancée vint se briser sous la voûte d*unc de nos salles. Trente malades y étaient placés, les planchers en s'écroulant devaient leur donner la mort, mais les lils étaient de fer et les poutres en se croisant sur leurs sommets, formèrent un toit nouveau qui les mit à l'abri du danger.
Dans une autre salle, deux cents malades se trouvaient rassemblés; une bombe y tombe avec le fracas du tonnerre... Vous frémissez, vous croyez déjà voir palpiter les victimes sanglantes. Non, un seul lit est vacant, la bombe y tombe, sa mèche s'éteint et tout le monde est sauvé *.
Vers minuit, le bombardement redouble d'intensité, Tartillerie de la défense, pour ne pas gaspiller les muni-
!. De l'influence de la Rendu t ion sur fa santé publique ^ pur \v D' Marc- Antoine Petit, Lyon, 1823.
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tions, a. cessé son feu. On signale des incendies au quai Saint-Clair, causés par les bombes des batteries de Montessuy, et presque aussitôt on apprend que des maifions du quai de Saône sont incendiées. Pompiers et gendarmes accourent en toute hâte, traînant des pompes à incendie. Lorsque M. Mouton de Fontenille et sa petite troupe arrivent avec leur matériel dans la rue Mercure à peu de distance du quai de Saône, ils sont arrêtés par des tourbillons de llammes. Six maisons sont embrasées, les rues Tupin et Paradis sont également la proie de Tincendie : il est une heure du matin. Les bombes continuent et tomber et à éclater, au milieu des cris d'épouvante des malheureux habitants. Beaucoup cherchent à gagner Fourvières ou Saint-Just, emmenant leurs enfants, portant des vieillards, des malades.. Parfois une innocente victime chancelle et tombe mortellement frappée.
Soudain des flammes plus hautes, plus compactes s'élèvent à peu de distance du quai de Saône. C'est l'Arsenal qui brûle, le deuxième arsenal de la Rigaudière, vaste bâtiment, commencé en 1782 sous la direction du chevalier de Barberin^ qui occupait une partie considérable du quai de Saône, à peu de distance de la place Bellecour. La principale poudrière était heureusement h l'extrémité Nord de la ville, près de la Chartreuse, dans la direction de la côte de la Croix-Rousse, mais quelques approvisionnements de poudre à l'Arsenal s'enflammèrent et éclatèrent. Les habitants du voisinage s'enfuirent jusqu'aux terrains de l'entreprise Perrache. Des pièces de canon, des caisses d'armes furent transportées dans l'ancien monastère de Sainte-Claire.
D'après les souvenirs de M"* des Echerolles, le feu aurait été mis à l'Arsenal par les Jacobins -. Quoiqu'il en soit, en le voyant en feu, les batteries de la Guillotièrc y