‹ Contre la terreurChapitre 220 sur 400 · Id · texte numérisé non relu

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32l() l'insurrection de lyon en 1793

subissant Fimpression de frayeur qu*éprouvaient beaucoup d'anciens seigneurs, abandonna son manoir et ses terres pour aller vivre en bourgeois modeste à Lyon'. La belle demeure qu'il quittait devait rester longtemps inhabitée, les habitants de la commune, ceux de Saint- Médard et de Saint-Denis-sur-Coise, tous d'accord contre « les habits bleus », la respectaient et se réunissaient volontiers dans les dépendances du château de Montuclas, au-dessus de la jolie rivière de la Gimond et « au flanc de la colline qui porte les bois épais de Messilieux' ». M""' Gonin de Lesgallerye, en gracieuse châtelaine, leur faisait distribuer des vivres. Les verres se choquaient et, comme dans les paroisses de Vendée ou du pays des chouans, d'humbles paysans portaient la santé du Roi. Antoine Croizier, s'imposant de plus en plus comme le chef militaire de ces rassemblements, prit très vite sur les paysans un tel ascendant qu'on Tappela le roi de' Chevrières, il sut les discipliner, et put leur confier la garde des défilés, la surveillance des points culminants.

L'abbé Jacquemont avait également une grande influence sur ces natures simples, éprises de foi religieuse et de dévouement à la monarchie traditionnelle. Il leur contait en termes émouvants les derniers événements qui avaient précédé la mort du roi Louis XVI, la captivité de la Heine, elle aussi, destinée à Téchafaud, Temprisonnement du pauvre petit Louis XVII et les mauvais traitements que lui inQigeait son geôlier, le savetier Simon. L'abbé parlait aussi des insurrections royalistes victorieuses et, comme la Vendée et la Bretagne semblaient aux métayers et aux bergers de Chevrières de lointains pays, il leur annonça le soulèvement de Lyon qui allait rappeler les Bourbons et devenir la vraie capitale de la France'^.

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