Cl.-J. Puy.p
3. Ce couvent était uue uiaisou de roli^'ieuses domini<*aines sous le vocable de sainte (^athoriur <ie Sieniie. f<nid.itrire de l'Ordre (Communication de M. in<'iud<>-N<»('l Desjoyraux autfuel nous adn^ssons tous nos remerciements puur ses rtuisfi::iuMuenls si intéressants et puisés aux
XH l/iNSURRECTIOX DE LYON EN 1793
menaces Je mort contre les muscadins et les aristocrates. Il ne reste guère que 200 hommes au capitaine Puy, mais ceux-ci sont bien armés et résolus. Le maire M. Praire- Royet, très énergique, ordonne des patrouilles de garde nationale. Les attroupements sont dissipés, pourchassés; quelques Jacobins résistent, ils sont arrêtés et enfermés dans le couvent.
Sur la proposition de Puy, les sections sont invitées par le maire à envoyer leurs délégués à l'Hôtel de Ville, Tas- .semblée se tient, avec calme et dignité, Camille Jordan y prononce de nouveau un très beau discours dont Tassistance vote encore l'impression. Les Jacobins arrêtés sont remis en liberté. Le calme renaît à Saint-Etienne pour quelques jours.
Il en était de môme à Montbrison^ malgré la nouvelle alerte donnée à Servant, mais celui-ci était avisé de source certaine que des troupes régulières occupaient Rive-de-Gier sous les ordres du général Valette, envoyé du camp de Montessuy dans le Forez, avec la mission de former des bataillons de réquisitionnaires du Puy-de- Dôme et de la Haute-Loire. L'ancien garde du corps ne douta pas que ce ne fût pour intercepter la route de Lyon ; il sut en même temps, pardes habitants de Saint-Anthèn>e, dans le Puy-de-Dôme, qu'une autre colonne d'infanterie de ligne et de gardes nationaux avec un peu de cavalerie, sous les ordres du général Nicolas, devait occuper Montbrison-. Servant, redoutant d'être pris entre deux feux, résolut (le rétablir au plus tôt les communications avec Lyon, en allaquant les troupes républicaines qui cantonnaient à Rive-de-Gier. 11 craignait aussi que le détache-
iiieilleuros sources sur Ihisloire du Forez pendant la période révolutionnaire.
1. Les «'V«'Mi»Mn»'rits d»' Montbris«ui sont r:dat«'*s avfC quelques erreurs de date par Puy. dans son rreil dv ['Ej}n''flifi"H (ht Forez.
2. Une lrni>ièun' colonrn*, presque exclusivement compnst-e do Réquisitionnaires niarehail sur Hoaiuie, sous les «»rdres du colonel Fugière et de Dorfeuillr. Tancien comédien.
ment de Saint-Chamond commandé parle capitaine Roux, ne se repliât sur Saint-Etienne, en abandonnant la ville qu'il devait garder et où une grande quantité de grains avait été rassemblée pour les approvisionnements de Lyon. Précy rappelait, dans les quelques lettres qu'il adressait à Servant, quel pressant besoin en éprouvait la grande ville à la veille d'un siège et l'engageait à surveiller luimême les convois.
L'adjudant-général, qui portait depuis peu, avec l'autorisation de son général en chef, le titre de général de l'armée départementale ^ partit le 24 août avec quelques cavaliers du détachement de Montbrison mais en laissant la plus grande partie du détachement; il arriva h Saint- Etienne le même jour-.
Les approvisionnements de Saint-Etienne n'étaient pas terminés. Servant ordonna à Puy de les presser; à ce moment, parvint la nouvelle envoyée par le capitaine Roux, commandant à Saint Chamond, que la ville de Rive-de- Gier venait d'être occupée par un escadron de dragons^, qui marchait en tète de colonne des troupes du général Valette^. Cet escadron était le détachement des anciens dragons de Lorraine qui avait quitté Saint-Etienne clandestinement pour rejoindre à Vienne le dépôt du régiment et qu'en cours d'étapes le général Valette avait retenu**.
Servant, un peu présomptueux de sa nature et fort brave, ne se rendit pas compte qu'il fallait réunir toutes ses forces et sans attendre l'attaque de la colonne du général. Nicolas sur Montbrison, ramener les trois détachements à Lyon avec les convois. 11 crut gagner du temps en débloquant Rive-de-Gier, peut-être espérait-il
\. Cl.-J. V\ï\\ rE.rpêf/ifioii fies Lyonnais dans le Forez, p. 52.
4. « Ces dragons étaient ceux qui, (juelques jours auparavant, avaient séparé leur cause de relie des Lyonnais, en quittant furtivement Saint- Etienne (Note de MM. Louis Chaleyer, Gustave Véricel et J.-M. Devel, éditeurs du manuscrit Cl.-Joachini Puy, p. 52.)