Cl.-J. Puy, p
CE QUE DEVENAIENT LES LYONxNAIS DANS LE FOREZ 337
la grande route et attaquerait par le Sud. Pour que les deux attaques fussent simultanées, le capitaine Koux reçut Tordre de partir immédiatement avec sa troupe. La colonne de Servant prit un repos d'environ deux heures, elle sortit de la ville sans obstacle avec une seule pièce de canon. Roux auquel son général cédait une pièce d'artillerie l'avait d*abord refusée en raison des mauvais chemins où il devait conduire sa colonne, pendant au moins trois lieues; il se décida à l'emmener et en fut certainement embarrassé * .
Par la grande route, il y avait au moins une demi-lieue de moins. Servant croyait que les deux heures d'avance de la première colonne lui permettraient d'arriver un peu avant qu'il n'arrivât lui-même avec la seconde. Celle-ci raarcha-t-elle trop vite ou l'autre trop lentement? Y eutil pour la troupe de Houx quelque erreur de direction? Quoi qu'il en soit les deux détachements n'eurent entre eux aucune liaison.
Vers les quatre heures du soir, les cavaliers d'avantgarde de Servant se heurtent à Tescadron des dragons de Lorraine devant lesquels ils font demi-tour, en se repliant sur la petite troupe d'infanterie qu'ils mettent un instant en désordre. Les dragons, abrités des deux côtés de la route, engagent un feu de mousqueterie** avec les fantassins de Servant qui, au lieu d'attaquer franchement les cavaliers ennemis, s'abritent derrière les bâtiments d'une ferme, appelée les grandes Flaches^, à droite de la grande route et à moins d'une demi-lieue des premières maisons de Rive-de-Gier. A ce moment le tocsin sonne à toute volée; évidemment c'est un signal auquel vont accourir de nouveaux adversaires. Servant ne comprend pas que la surprise qu'il prépare est manquée; payant d'audace, il ordonne à ses hommes de se porter en avant. Le brave
1. D'après Piiy, chaque colonne avait sa pièce d'artillerie, p. 53.