CI.-J. Puy, p
338 l'insurrection delyon en 1793
Laferté, qui n'a qu'une pièce d'artillerie, la conduit sur la grande route. Les dragons ont disparu, on les croit en fuite. Toute la petite colonne court bientôt derrière sa pièce de canon que précèdent Servant et ses cavaliers.
On voit nettement le clocher où vibre toujours la cloche d'alarme. « Halte, la pièce! et feu sur le clocher! » commande Servant. Laferté pointe lui-même, mais avant le coup de canon, une fusillade terrible part des deux côtés de la route. 500 gardes nationaux abrités derrière les haies fusillent Ja petite troupe lyonnaise^
Laferté est tombé, la cuisse traversée : « En retraite, mon général, dit-il à Servant ! — Non ! en avant ! répond celui-ci. » Mais un nouveau feu éclate aussi nourri que le premier, Servant a le poignet brisé par une balle, il ordonne la retraite, trop tard 2...
La route est barrée par les dragons de Lorraine qui sont remontés par le lit du Gier desséché dans cette saison et où ils ont pu s'embusquer ; ils ont enlevé le caisson de la pièce d'artillerie, garni de munitions et resté en arrière, malgré la résistance désespérée des quelques canonniers qui le gardaient et qu'ils ont sabrés.
Seule la grange des Grandes-Flachcs offre un abri, les Lyonnais y reviennent et s'y retranchent, construisant une barricade avec des voitures, des charrues, des tonneaux. Les dragons veulent prendre l'offensive, mais ils sont repoussés devant la barricade et abandonnent plusieurs des leurs tués ou grièvement blessés.
Les gardes nationaux jacobins et de nombreux paysans descendent en foule sous le commandement du général Valette. Laferté et ses derniers canonniers ont été faits prisonniers ; les femmes armées de serpes et de fourches, à la suite des paysans, insultent et frappent les Lyonnais blessés 'K