‹ Contre la terreurChapitre 234 sur 400 · Morin, t. III. p. 296 ; Cl.-J. Puy, p · texte numérisé non relu

Morin, t. III. p. 296 ; Cl.-J. Puy, p

Servant et ses compagnons se défendent intrépidement pendant cinq heures ^ leurs adversaires subissent des pertes nombretises. Il est neuf heures du soir, les Lyonnais n'ont plus de cartouches, ils restent treize, tous blessés^, mais ayant gardé leurs armes; Servant attache un mouchoir blanc au bout de son épée. Le générai de brigade Valette s'approche de la barricade encombrée de morts, de mourants et de blessés et lui dit : « Rendezvous en prisonniers de guerre*"^. » Les Lyonnais acceptent, ils sortent des décombres qu^ils ont si vaillamment défendus. C'est alors que les dragons de Lorraine, par un sentiment de pusillanimité trop fréquent à cette époque et dont la responsabilité incombe à leurs officiers, s'éloignent du champ de bataille, se désintéressant du sort des vaincus et cependant les Lyonnais les avaient sauvés de la fureur populaire à Saint-Etienne*.

Les paysans jacobins et les femmes se jettent sur les soldats de Servant pour les achever, les gardes nationaux les protègent mal contre ces odieuses agressions et il n'y aurait eu de quartier pour personne si quelqu'un n'avait crié que d autres Lyonnais s'étaient réfugiés dan» le bois du Molard. Alors la bande des paysans s'ébranle pour cette chasse à l'homme. On en découvre cinq, qui avaient pu s'évader par un petit toit de bergerie pendant que Servant parlementait. Ils veulent encore résister bravement, quoique blessés ou épuisés de fatigue. L'un d*eux, Chevrillon, beau jeune homme aimé pour son entrain et sa bravoure, fils d'un notaire de Lyon, tombe dans un fourré, atteint d'une balle au cou. Les Jacobins s'acharnent sur son corps. Ses quatre compagnies succombent aussi, lâchement assassinés par ces brutes féroces. En revenant

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