Manusrrit (lu inanpiis de Pouciiis
342 l'insurrection de lyon en 1793
laissèrent percer leur hostilité. Le soir, au club jacobin, de violents discours furent prononcés mais on se dispersa sans avoir arrêté le plan d*attaque.
Le lendemain matin^ l'assemblée du district fut convoquée par les soins du maire. 11 s agissait de réunir les Lyonnais à la garde nationale de Saint-Etienne sous un chef commun, les Stéphanois proposaient un des officiers de leur garde nationale nommé llénoux, homme très honorable mais d'un caractère difficile et peu aimé par la population; sa valeur militaire paraissait médiocre. Sur les conseils de Puy, les Lyonnais se ralliaient à la candidature de Rimberg, dont la tournure militaire ^ la parole vive et nette plaisaient au premier abord, mais ils déclaraient ne pas le connaître suffisamment, et leur adhésion n'était pas exempte de suspicion.
Une interminable discussion s'engage au cours de laquelle les Stéphanois accusent de nouveau les Lyonnais de travailler pour le rétablissement de la monarchie. Puy, qui n'est pas beaucoup plus orateur qu'homme de guerre, mais dont le jugement reste ordinairement très sûr, fait appel au talent oratoire du jeune Camille Jordan K Celui-ci s'exprime aussitôt en termes très heureux selon son habitude ; il rappelle que les Lyonnais n'ont pas d'autres intérêts que ceux de la France, et il s'écrie, dans un mouvement d'une véritable éloquence : « Oui, nous aimons la République! mais non un pouvoir arbitraire et tyrannique ; le despotisme n'est pas la liberté; que le gouvernement protège la vie et la fortune des citoyens, voilà ce que demandent les Lyonnais et les habitants de Saint-Etienne. » Soutenu par les applaudissements unanimes de l'assistance, qu'électrise sa belle et chaleureuse jeunesse, le futur député au conseil dos Cinq-Cents ajoute avec une légitime fierté : « Notre courage, enilammépar l'amour de la Liberté, a été