‹ Contre la terreurChapitre 253 sur 400 · Id., p. S · texte numérisé non relu

Id., p. S

3. F^ettrcs au (^oiuilé de Salut public du 28 a<iùt et du 31 août 1793. [Archives h'istitriques de la (iuerre : Armée des Alpes, août nîK3.}

4. Alexandrine des Fthernlles, Une famille nohle sous la Terreur, 4* éd., p. 84.

de Tabbé Moulin, ne craignirent point d'aller jusqu'à des maisons isolées, à proximité des extrêmes avant-postes du camp de Limonest et des patrouilles du général Rivaz : « Cette course, qui nous rapprochait des postes ennemis, nous exposa beaucoup et quoique protégées par nos batteries, nous nous trouvâmes souvent à la portée des coups de fusil. Nous vîmes beaucoup de soldats de la Convention aux fenêtres de plusieurs maisons tombées dans leurs mains. Nous n'en parcourûmes pas moins quelques autres habitations dans la proximité de la ville; car c^élait delà récolte du pauvre que nous étions chargés : nous voulions en glaner jusqu'au dernier épi. Le lendemain il eût été impossible de Tentreprendre, les assiégeants gagnant chaque jour du terrain, la mort moissonnait à son tour sur ces routes que nous avions traversées la veille à la suite de l'homme de Dieu K »

La quête permit d'acheter quelques aliments pour les plus pauvres et les plus malades, mais le prix des vivres devint exorbitant dès les premiers jours de septembre. Le pain était détestable, fait d'une farine échauffée -, qui non seulement lui donnait mauvais goût, mais fatiguait lestomac et les intestins, surtout chez les vieillards et les enfants.

Malgré la misère, la maladie, langoisse, la population s'augmentait : de petits enfants naissaient. On les baptisait à Taube, au bruit de la canonnade, ils commençaient tôt leur apprentissage de la vie durant la Révolution, transportés dans les rues désertes où éclataient les bombes, cachés dans les caves, dans un air vicié par les malades, toujours trop rare pour ceux qui s'entiissaient dans ces réduits. Les vagissements des pauvres petits êtres se confondaient avec les plaintes des blessés.

L'habitude du courage se prend vite et un historien de grand mérite et de grande vérité Ta dit : « Lyon au bout

1. Alexandrine <ies Echerolles, une Famille noble sous la Terreur^ p. 8G.

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de peu de jours finit par dormir sous les bombes et les boulets rouges, par imprévoyance, par courage et par habitude ^ »

Le Btdletin départemental n'était pas véridique lorsque dans son numéro du 2 septembre-, il annonçait l'arrivée d'une assez grande quantité de subsistances, c'était en réalité quelques sacs de grains ou lorsqu'il affirmait que « des pelotons d'hommes sans armes désertaient les drapeaux de Crancé, que le découragement continuait parmi les troupes assiégeantes, qu'il s'élevait entre elles des rixes fréquentes, terminées par de véritables combats, etc. ». L'organe des autorités administratives mentionnait avec plus d'exactitude qu'en raison de l'incendie, l'hôpital général des malades était transféré de l'hôpital militaire aux ci-devant communautés de l'Observance et des Deux- Amants'^, moins maltraitées par le bombardement, mais exposées cependant aux boulets rouges, et que les blessés de l'armée qui investissait Lyon y étaient aussi bien soignés que les défenseurs de la ville. Les batteries crancéennes n'en tiraient pas moins sur les ambulances et les hôpitaux'.

Le Bulletin rendait hommage à un désintéressement rare : « Un citoyen de cette ville dont la délicatesse et la modestie nous ont interdit de citer le nom, possédait pour toute fortune trois maisons, doux ont été consumées par le feu, il apprend que la troisième est exposée au môme sort, il descend du poste avancé de la Croix-Housse où il est placé en qualité de simple fusilier, il se rend chez les locataires qui habitent la seule maison qui lui reste,

i. Comte Léon <ie Ponrins {le Correspondant, ISGl, p. 603].

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