Mèuic document
dats sortirent, mais ne manifestèrent aucune surprise, s'attendant à l'arrivée des réquisitionnaîres^
La colonne se forma, serra ses intervalles aussi silencieusement que possible, puis, h un signe de Rimberg, le capitaine de Maubou et ses cavaliers, qui étaient remontés en selle, partirent à fond de train, traversant la rue principale et se fractionnant par petits détachements pour aller occuper les autres issues.
L'infanterie s'était avancée sans précipitation et au moment où les hommes de poste se présentaient au-devant de la tôte de la colonne, ils furent énergiquement repoussés dans leur corps de garde, désarmés et enfermés sans qu'ils aient eu le temps ou la présence d'esprit de crier : « Aux armes-*! » D'ailleurs dans les maisons du bourg, leurs camarades continuaient à dormir, car aucun bruit ne se faisait entendre.
Aussitôt des fractions désignées procèdent, avec les mêmes précautions de silence et la même célérité, à la visite des différentes maisons : quelques habitants, surpris dans leur sommeil et mis en état d'arrestation, s'offrent à servir de guides, heureux de se venger des garnisaires qu'ils ont trouvés trop exigeants. Bientôt toutes les maisons indiquées sont fouillées, partout les soldats de la Convention sont arrêtés sans opposer de résistance.
Quelques-uns s'échappent grâce au dévouement de leurs hôtes, car au lieu de 160 hommes, on n'en trouve que lUO; les chevaux sont plus difficiles à dissimuler, on les retrouve au nombre de 50*^, ainsi que deux petites charrettes chargées de fusils.
Un des soldats prisonniers voynnt avec mécontement que le général Nicolas n'a pas été arrêté, indique la mai-
1. « Nous avons ('té pris, à notre arrivée, pour des troupes de Dubois- Crancé. » (Rimberg h Prérv. document précité.,
2. « Nous n'avons point été inijuiétés, et à notre entrée, nous avons fait prisonniers ceux qui étaient de «rarde. » (Môme document.!
3. Le rapport de Uimberg îi Précy dit : « J'estime que nous avons pris environ lOObommes, iiO chevaux.
384 l'insurrection de lyon es 1793
son où celui-ci a son logement. Un détachement y court et découvre le général, bel officier, de grande taille et d'allure martiale, qui, se préoccupant du bruit insolite de la rue, s'est habillé et armé. Devant le piquet d'infanterie lyonnaise qui cerne sa maison, il ne tente aucune résistance et rend son épée au capitaine Gavot* ; on le conduit à Rimberg". L'officier de l'ancien régime accueille son prisonnier avec courtoisie mais ne peut s*empècher de lui dire : « Ne craignez rien, général, nous connaissons les droits de l'humanité quand vous méconnaissez ceux de la guerre"^. »
Après deux heures de repos et une collation bien méritée, payée selon l'habitude des Lyonnais aux habitants qui avaient fourni les vivres'», la colonne repartit pour Montbrison, en renonçant aux sentiers de pâtres, ou de contrebandiers qu'elle avait suivis pour la surprise. Rimberg décida de revenir par la route de Saint-Anthème à Montbrison, c'est-à-dire par Chazelles-sur-Lavieu, Verrières et Moingt. La cavalerie lyonnaise, commandée par M. de Courtine, était à l'avant-garde, la cavalerie montbrisonnaise, sous les ordres du capitaine de Maubou, à Tarrière-garde. L'infanterie marchait sur deux lignes, occupant ainsi les deux côtés de la route, les chevaux des ex-hussards de Berchiny montaient les ofliciers d'infanterie et les hommes les plus fatigués.
Les prisonniers cheminaient ainsi encadrés et surveillés mais sans être attachés ni molestés. Leur général, auquel son cheval avait été laissé, causait gaiement avec Rimberg et les cinq ou six officiers qui formaient Tétatmajor de la colonne. Ce respect des adversaires malheureux était un bel exemple, jadis en honneur dans toutes