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392 l'insurrection de lyon en 1793
de Roanne s'accrédita si vite dans le quartier Saint-Georges que, le 4 septembre, le lieutenant colonel Révérony, qui commandait et qui y était très aimé, eut grand'peine à dissiper les attroupements et qu'il envoyât un exprès non pas à l'hôtel commun, ce qui aurait fait perdre un temps précieux, mais au général en chef. Précy rédigea une nouvelle proclamation, que desgendarmesallèrentaussitôt placarder dans les sections et sur les monuments publics.
C'est au nom de la loi, citoyens, que votre général vous parle. Il lui est revenu que de sang froid, on se proposait de punir des criminels qui doivent être sous la sauvegarde de la loi ; il déclare hautement que si Ton se porte au plus léger excès, il renonce à être à la tète des hommes qu'il a connus jusqu'à ce jour vertueux, mais qui cesseraient de l'être, s'ils étaient capables de s'oublier jusqu'à ce point. En conséquence, le général rend responsables de tout ce qui pourrait arriver tous les commandants des postes. La loi seule doit punir les coupables.
Le commandant général de V armée de sûreté^
Précy ^
La population lyonnaise ne résista pas à cet appel de son général et presque partout manifesta l'intention de respecter les prisonniers. Tous les postes dos prisons furent renforcés par prudence mais les tentatives que l'on redoutait ne se produisirent pas. Les habitants de la rive droite de la Saône s'intéressèrent beaucoup au transport d'un certain nombre de blessés dans le vieil édifice, moite hospice, moitié cloître, de l'Antiquaille et l'on vit encore des exemples touchants de dévouement. Les femmes se révélèrent de nouveau pleines de courage, de charité et et cependant dans la matinée, plusieurs d'entre elles s'étaient signalées par leurs violentes menaces. Pour éviter toute surprise, les corps administratifs décidèrent
\. Collection Hosas.
que pendant toute la durée du siège, il y aurait quatre commissaires en surveillance permanente à la prise de Roanne ; ils devaient être relevés toutes les vingt-qualre heures*.
Dans Taprès-midi du 3 septembre^ les troupes des Brotteaux que commandait Tadjudant-général de Nervo firent une sortie couronnée de succès, malgré leur faible effectif: un bataillon environ et encore n'y eut-il que deux compagnies d'engagées, le reste étant en réserve à la tôle de pont pour parer à tout retour offensif des troupes du général Vaubois. Après avoir gagné, l'extrémité du faubourg à TEst, en s'abritant derrière les jardins, une douzaine de Lyonnais, guidés par un officier énergique, surprirent un poste de vingt grenadiers de TArdèche et les firent prisonniers malgré l'inégalité du nombre-'. D'autres fractions du bataillon de TArdèche occupaient deux maisons à peu de distance de la Tète d'or, plusieurs soldats lyonnais, sans s'inquiéter de la fusillade, y mirent le feu. Le commandant du détachement leur donna Tordre de rentrer, ce qu'ils firent sur le champ mais ils ne purent résister à la satisfaction légitime de conter leur petite expédition, aussitôt quatre canonniers voulurent en tenter une pour leur compte. Les artilleurs se précipitèrent vers la loge des francs-maçons dite de la Bienveillance, s'y glissèrent par une fenêtre dissimulée sous un hangar, trouvèrent dans les appartements des matières combustibles qu'ils allumèrent et sortirent par la même issue. Les patrouilles du bataillon de l'Ardèche les aperijurent et, pour leur couper la retraite, s'avancèrent imprudemment; une compagnie de gendarmes à pied les chargea à la baïonnette et les refoula. Les Lyonnais n'eurent que deux hommes blessés'*. A la
1. Extrait du re^'istre deJa section des droits de riiomme. (V. Vat'sen, /)<>cuments imprimés : If Sicf/c, p. 100.;