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LES PRISONNIEKS EN PÉIUL A LYON 393
blique, leurs progrès rapides et alarmants, celle des Piémontais et de leurs alliés qui ont reconquis le déparlement du Mont- Blanc et qui paraissent s'avancer à grands pas, la détermi*nation prochaine des Suisses à rompre la neutralité et à marcher contre nous, voilà les tristes fruits, les fruits amers de la criminelle ambition !
Ces objurgations élégiaques étaient signées du nouveau président de la Commission, Gilibert, qui avait remplacé M. Bémani « suspect de tendances monarchiennes ».
L'ennemi, qui refusait de reprendre ses blessés soignés dans les hôpitaux lyonnais bombardés par lui, avait demandé une trêve, sous le prétexte « d'enterrer les morts ' », en réalité parce que les approvisionnements d'artillerie commençaient à manquer et que les boulets chauflés à rouge ayant endommagé plusieurs pièces, on attendait un convoi d'artillerie de Grenoble pour remédier à la pénurie de gargousses et pour remplacer les canons détériorés. Le général de Précy résolut de profiter de cet armistice d'une nuit pour tenir un conseil de guerre important, dont la convocation devait rester secrète autant que possible -.
Dans une vaste salle de la maison des Dames de Saint-Pierre où se groupait tous les matins Tétat-major de Précy, celui-ci réunit h dix heures du soir le commandant général de la garde nationale Madinier, le comte de Virieu, le héros de la Croix-Housse, le général des EcheroUes, commandant à Saint-Georges, les adjudantsgénéraux de Nervo, commandant aux Brotteaux, Burtin de la Bivière, commandant à Cuire, Champreux, chef d'état-major, les colonels de Chènelette et de Vichy, les lieutenants-colonels Beux, Milanais et Ducreuxde Trézette et son aide de camp de confiance Ferrus de Plantigny.