Bulletin départemental^ du 12 septembre
4. Dossier Révérony. Ordre signé Précy. Communication de la famille Granger-Révérony.
418 l'insurrection de lyon en 1793
du bataillon du bourg de Saint-Georges, grenadiers, chasseurs et canonniers escortant leurs quatre pièces d'artillerie, occuper le gros bourg de Grézieu la Vairenne^ deux à lieues et demie au Sud-Ouest de Lvon. Une réserve serait laissée au village de Tupinier, à un quart de lieue à l'Est de Grézieu et Tavant-garde pousserait jusqu'il Pollionnay, à une lieue et demie au Nord-Ouest. La troupe lyonnaise serait échelonnée de manière à encadrer les chariots de subsistances à défaut de cavalerie et se replierait dès qu'elle le pourrait, sur le bourg Saint- Irénée.
Le lieutenant-colonel Révérony, officier intelligent et énergique, dont nous avons vu la belle conduite lors d'une mutinerie militaire, était en outre chargé d'acheter tous les fourrages qu'il pourrait se procurer. Dès le 8 septembre au soir, il exécutait les ordres du général en chef et réquisitionnait en les payant, non seulement les fourrages, mais une certaine quantité de grains, qu'il envoya sous escorte à Lyon. L'envoi fut d'autant plus apprécié que les blés de Bessenay n'arrivaient pas. Un dernier convoi devait ôtre formé dans la journée du 14 au village de Pollionnay^.
Au camp de Limonest, le général Rivaz, informé par un espion, envoya un détachement de cavalerie occuper le village de Pollionnay. L'avant-garde de Révérony s'était repliée pour occuper les hauteurs qui dominent le petit ruisseau h égale distance à peu près entre Pollionnay et Grézieu. Dans la nuit du 13 au 14. Rivaz dirigea le bataillon de la Drôme et six pièces d'artillerie-^ sur Marcy-l'Htoile avec Tordre de s'emparer de (irézieu. La cavalerie cantonnée à Pollionnay devait concourir à l'expédition et contribuer à prendre le détachement lyonnais
\. Bulletin (U'jnirlemenlal j>n''cit«''.
'2. El non Pniirsoiinai'^, roniin»^ ilil le rapport «le radjiidnnt-ge^iiéral San- (ios. (Archires historiques de la (iuenr: Anm'u' des Alpes, s(»pt<*mbre i793,) 3. Deux pièces de 8, deux obusiers, deux idèces de 4.
entre deux feux. L'opération était bien combinée, mais le lieutenant-colonel Révérony, en militaire expérimenté et vigilant, aperçut dans la matinée la colonne ennemie qui serpentait dans les mauvais chemins, précédée d'une centaine de paysans armés de pioches et de pelles pour faire passer rartillerie *. Le convoi de grains ne paraissant pas, le colonel lyonnais fait prendre les armes à sa troupe, serrer ses chariols remplis de sacs vides; il ramène son avant-garde à Grézieu, puis commence la retraite sur Tupinier. Le bataillon de la Drôme franchit le ruisseau à huit heures du matin, gravit la hauteur et met ses pièces en batterie. La colonne Révérony va atteindre Tupinier, son chef fait tirer quelques coups de mitraille sur une compagnie d'infanterie qui se retire aussitôt. Les deux artilleries engagent la lutte, elles se canonnent violemment avec plus de bruit que de résultat, mais la supériorité est évidemment à la batterie de campagne du camp de Limonest-.
Au bout d'une demi-heure de combat^, Révérony fait reprendre la retraite, tout en maintenant Tennemi à distance et en dessinant parfois des retours offensifs. Le détachement de Saint-Georges traverse Craponne, franchit TYzeron à un gué qui avait été soigneusement reconnu, puis, obliquant à droite, gagne le bourg de Francheville. La compagnie de chasseurs grimpe sur le rocher k pic où se dressent fièrement les ruines du vieux donjon. Par un feu soutenu, elle arrête assez longtemps le bataillon de la Drôme que ne suivent plus ses pièces de canon, enlisées dans les sentiers bourbeux et privées de leurs pionniers, qui ont fui dès le début de l'atfaire. Malheureusement, plus de la moitié du détachement Lyonnais ne marche plus en ordre. Bientôt courant, franchissant
1. Archives hisforitpics de In Guerre : Année des Alpes (Rapport du camp de Limonest). La foI(jiine fit une étape (ie dix heures.