Rroutin, Histoire fie la ville de Feurs, p
3. Evidemment, nous dési<(nons aussi sous ce nom les Foréziens de la colonne Nicolay.
432 l/lXSURRECTION DE LYON EN 1793
Après des eiïorts Jc^cuplés par le désespoir, Nicolay et ses compagnons renversent la barricade et s'élancent sur la route', de toutes parts, l'ennemi surgit et les fusille presque h bout portant. Le marquis de Nicolay s'est placé à l'arrière garde; son épée brisée, il a ramassé un fusil et se défend à coups de baionnetteetàcoupsdecrosse. Soudain un galop de chevaux se fait entendre : ce «ont les dragons qui ont tourné le village. La petite colonne est prise entre deux feux, son héroïque commandant, qu'entourent quelques-uns des cavaliers de Monlbrisonà pied, combat toujours et peut-être à force de courage brisera-t-il le cercle qui l'enserre... Quand une balle Tatteint en pleine poitrine et le renverse sur la route*-'.
L'ancien colonel des dragons de Lorraine a reconnu les dragons du régiment qu'il commandait. Est-co do leurs rangs qu'est parti le coup fatal ?... Question douloureuse qui obsédera le colonel marquis de Nicolay dans la prison où le transportent avec une joie grossière et cruelle les volontaires de l'Ardèche, moins féroces cependant que les paysans de Montrond ^ qui voudraient tout de suite égorger le « ci-devant ». Celui-ci d'ailleurs, malgré ses souffrances, gardera jusqu'au dernier moment une attitude pleine de dignité; il ne survivra que trente-six heures à sa blessure''. L'échafaud ne l'eut pas épargné et sur le tas de paille où l'ont jeté
i. Broutin, Histoire de In inlle fie Feurs, p. i28. — Ch. Aulagnier, Sofice sur la ville de CJiazelles, p. 69.
2. Ch. Aulagnier, Sofice sur la riUe et le cntnhnl de Chazelles^ p. 61.
3. D'après Hroulin (p. 4:8), ce furent les plus acharnés. Ces paysans paraissent appartenir à la ban«le des Jacobins qui avaient lue Tillon et incendié le château de Montrond.
4. « 14 septembre 1793. — Le citoyen Fleury-Buchet, procureur de celte commune, qui nous a déclaré qu'un prisonnier, prisant dans les prisons de celte commune, nommé, ainsi qu'il est apparu par les papiers que l'on a tr(»uvés sur lui. Jri.iKN Nic^laï {Louis-Scipio/f-Guillaume-Jenu), âgé d'environ quarante h quarante-cinq ans, est décédé dans ladite prison, aujourd'hui sur les neuf heures du matin, d'une blessure (ju'il a reeue dan» le combat qui a eu lieu le 12 du présent mois entre les citoyens de celte ville, réunis pom* la défense de la patrie, contre les rebelles de Lyon, dits Muscadins, dont ledit Nicolaï était le commandant, et nous étant trans-
les Jacobins, sans qu'on appelai un médecin, sans qu'on lui fît la charité d'un pansement, le chef de la branche des Nicolay du Vivarais, baron de Sabran, qui avait commandé deux régiments français, mourra de la mort du soldat, sans regret, sans peur et sans reproche. Sa blessure fut pour ses compagnons le signal de la déroute. Chargés par les dragons sur le grand chemin, assaillis de toutes parts dans les villages, les deux tiers des Lyonnais sont égorgés. Toutefois il se révéla un chef inattendu : c'était un aide de camp de Précy, qui parait avoir gardé jusque-là rincognito sur l'ordre de son général ^, M. Carton de Gramont. Ex-capitaine à la brigade Wallonne, il avait fait la guerre contre les Anglais et défendu les Tuileries au 10 août.
Carton do Gramont groupa une vingtaine d'hommes avec lesquels il put faire une trouée et gagner une ruelle, puis des champs bordés de haies et un petit taillis où Tennemi les perdit de vue. Le pays coupé de clôtures n'était pas facilement accessible aux dragons et les volontaires de TArdèche ainsi que les paysans jacobins s'acharnaient sur les blessés. S'ils n'avaient encore frappé, parmi les blessés de la colonne Nicolay, que ceux qui avaient combaltu ! mais ils massacraient des èlres sans défense et qui méritaient la pitié : des vieillards, des femmes, des malades! C'est ainsi qu'ils égorgèrent Mesdames Rambaud de Chalain et Ladret^^.
M"* de Vissaguet, la pauvre petite châtelaine évadée avec son mari des campagnes terrorisées de l'Auvergne, le
porté dans la dite prison, nous avons reconnu la sincériU' de ladite déclaration. » (Proch-rerhal des Archireh' de Chazelles. — V. Aulagnier, p. 68.)
1. « Nous renvoyâmes avec un corps d'élite dans le Forez et les gorges du Lyonnais pour assurer Tarrivéc d'un grand convoi qui ravitailla Lyon, ce qu'il exécuta après un combat sanglant à Chazel, où il déploya autant de courage que de talent militaire...» ((.>/7<^<7i/ du lieutenant général comte de Précy, 5 août 1820. — Dossier du lieutenant-colonel Carton de Gramont. — Archives administnilives du NÛnisière de la Guerre).