VI INTRODUCTION
commerciale en grande majorité, ne s'était pas montrée hostile aux débuts de la Révolution et entretenait des relations sympathiques avec les ouvriers, sans exercer sur eux une direction politique. Rapprochés par de communes épreuves, les uns et les autres envisagèrent avec philosophie les dangers d'une situalion qui devait terriblement s'aggraver. Dans un sentiment de patriotisme qui leur fait honneur, ils ne retinrent, pour la défense de leur cité, aucune troupe régulière, afin de ne pas laisser la frontière dégarnie. Toutes les lacunes de leur instruction militaire se révélèrent bientôt; de l'assentiment unanime, les nouvelles autorités firent appel aux officiers de l'ancien régime.
Ceux-ci justifièrent la confiance des Lyonnais républicains en restant volontairement confinés dans leur rôle militaire. Pour ne pas inquiéter une population ardemment démocratique, beaucoup dissimulèrent sous des pseudonymes leurs noms de gentilshommes, pratiquant ainsi le système égalilaire afin de mieux concourir à l'œuvre commune. L'œuvre commune ! Telle fut la préoccupation constante, la règle dont s'inspira le général en chef des Lyonnais. Précy ne pouvait dissimuler son nom, il cacha scrupuleusement ses préférences politiques, non par prudence, mais par esprit de discipline, et Thiers commet une erreur quand il affirme que le général tenta de rétablir le drapeau blanc ^ Rien ne justifie cette assertion.
En renonçant à sa tranquille retraite du pays bourguignon, sur les instances des délégués de Lyon, pour accepter un commandement qui devait lui apporter tant de périls et d'amertumes, Précy ne se faisait aucune illusion sur l'issue probable des événements, il