‹ Contre la terreurChapitre 303 sur 400 · Baileydier, Histoire du peuple de Lyon, t. Il, p · texte numérisé non relu

Baileydier, Histoire du peuple de Lyon, t. Il, p

3. Baileydier a confondu (Jrézieu et Ecully. Les rapports de 1 adjudantgénéral Sandos (Archives historiques de la tiuerre : Armée des Alpes, septembre 1793) indiquent nettement que c'est EculJy qui a été attaq\ié et pris par les troupes du général Rivaz.

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défense à Tangle du grand chemin de Tassin^ Quelques brèches dans les murs lui permirent de mettre les pièces en batterie et d'arrêter par les décharges à mitraille, les troupes de la Convention, qui se fortifièrent à leur tour dans Ecully. Dès Taube et avant de quitter Lyon, Précy avait envoyé deux de ses aides de camp retrouver la colonne Rimberg et la guider par le pont d'xVlaï sur Sainte-Foy pour la conduire à Lyon, il commença sa retraite sur Vaise.

Malheureusement en retirant les pièces des brèches pour les ratteler, on perdit un peu de temps, Tennemi put se rapprocher. Au moment de franchir le ruisseau des Planches, une charge des hussards de Rivaz mit du désordre dans Tarrière-garde. Une pièce fut abandonnée**, des hommes se débandèrent en jetant leurs armes ^. L'ennemi s'était déjà replié sur le gros de la colonne et ce fut dans la soirée qu'il découvrit le canon abandonné.

Le général Rivaz, croyant que Précy allait faire la même opération de retraite que le détachement qui avait livré le petit combat de Grézieu, la veille, continua à marcher dans la direction de Tassin et du pont d'Alaï, laissant ainsi la colonne de Précv rentrer dans Vaise sans difficulté après l'alerte du passage du ruisseau. La colonne de Himberg était passée depuis longtemps et se trouvait on ce moment sous la protection du détachement du commandant Rousnon, qui, sur Tordre de Précy, était venu d'Oullins jusqu'à Sainte-Foy, tout en laissant des troupes de garde au pont de la iMulatière. De son cùté, le colonel de Fontet sortait de Vaise, avec un bataillon ot deux pièces de canon, il faisait un simulacre de reprise d'attaque du côté d'Kcully pour continuer à assurer lu retraite de la colonne du Forez, en donnant le change à l'ennemi '.

{. Lieutenant-colonel lUchol, p. 30.

2. (if. Hdpporfs (/('S trois cfitnps^ du 10 au 17 septembre 1793.

4. Le rapport du camp de Limonest, signé comme pour les deux autres camps par ladjudant-général Sandos, rindi«|ue naïvement : « La division

Précy, quittant sa propre colonne à peu de distance de la porte de Vaise, revenait au galop avec quelques officiers par les quais de Saône. La colonne de Rimberg était en vue sur les hauteurs de Saint-Just ; elle allait descendre les pentes du Gourguillon. Avec un religieux respect; la tribu fugitive des émigrants du Forez et les soldats lyonnais, qui ralliaient le drapeau pour assister au dernier acte du drame, contemplaient la vue merveilleuse qui s'offrait h eux : A gauche, la vieille église de Fourvières, le sanctuaire vénéré, avec les Alpes en bordure d'horizon, à droite, les premiers contreforts des montagnes du Vivarais, au midi, le cours tumultueux du Rhône. A leurs pieds, la Saône sur la rive droite de laquelle se dresse la basilique de Saint-Jean, la cathédrale des primats des Gaules. Sur les deux rives de la Saône, les clochers pullulent : Saint- Nizier qui recouvre la crypte de Saint-Pothin, Saint-Pierre dont la tradition attribue la construction à Charlemagne, Saint-Bonaventure, la chapelle des Cordeliers, Saint- Martin d'Ainay, le gracieux édifice byzantin, Saint-Louis, Saint-Paul, Saint-François-de-Sales, Saint-Polycarpe et la Charité, et des clochetons de couvent et des flèches de chapelle...

Au-delà de ce panorama de grande cité religieuse et industrielle, la vue s'arrête avec tristesse sur la plaine des Brotteaux, et sur les deux rives du Rhône où se livre un duel d'artillerie incessant •.

Les bombes franchissaient le fleuve et venaient s'abattre dans les riches quartiers qui s'étendaient de la place Bellecour à la place des Terreaux. Sur la gauche, le canon s'entendait aussi, mais avec de longs intervalles, du côté de la grande Côte, et de la Croix-Rousse. On avait, en se tournant vers le nord, l'impression d'un combat d'avantpostes intermittent; en regardant à l'estjchacun subis-

Hivaz tient aujourd'hui depuis le village au pont de l'Ave (lire Alai) et un quart de lieue en avant jusqu'à Neuville». 1. Manuscrit du marquis de Poncins.

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sait rborreur du bombardement continu, de Tincendie prémédité...

Et cependant, quand la colonne s'avança davantage, en dominant de plus près les rues et les ruelles, les Forer ziens et les Lyonnais qui revenaient du Forez furent frappés de l'air de sérénité qui régnait dans la ville. Beaucoup de femmes étaient assises devant leurs maisons, occupées à de petits ouvrages comme en pleine paix^ L'accueil que leur firent les habitants des environs de la cathédrale fut silencieux, comme si ce retour présageait de nouveaux malheurs.

Bientôt Précy rejoint Rimberg. Les deux chefs s'étreignent; le général en chef sait maintenant qu'an pseudonyme, qui n'est pas sans gloire, dissimule un camarade de la vieille armée, plein de hardiesse et de vigueur. Il le félicite des combats livrés, il le remercie des approvisionnements ramenés. Le général en chef serre la main des officiers qu'il connaît, il s'inquiète des absents et donne à la mémoire de Servant, de M. de Nicolay, du vieux Laferté, les regrets que méritent ces braves.

Les officiers de Saint-Etienne, de Montbrison et de Peurs sont les bienvenus; ceux qui ont déjà porté l'épaulette ou qui appartiennent à la noblesse de la région : les Mauboii, Du Rozier, Puy do Muzieu, Prdissac, etc., auront à son état-major ou dans les troupes les emplois qu'ils méritent.

Derrière le vieux général et l'alerte commandant, la colonne franchit la Saône sur le pont Saint-Jean. Par le quai des Gélestins, la place et la rue Confort, elle s'engage dans la grande rue de l'Hôpital, s'allongeant indéfiniment avec ses chariots de grains, ses charrettes de voyageurs. Les émigrants retrouvent un peu de leurs petites cités dans la grande ville, il leur faut faire déjà

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