‹ Contre la terreurChapitre 306 sur 400 · BalIry.Ii»M-, t. H, p · texte numérisé non relu

BalIry.Ii»M-, t. H, p

5. Les représentants au Coiiiitr de Saliii pulïlic 17 septembre 1793 [Archives /usf<>)'ufnes de In (Jfterre : Armée des Alpes\ septembre 171K3).

En évacuant le poste Nérac, à deux heures du matin et en emportant tous les blessés sauf deux, les Lyonnais abandonnèrent deux petites pièces de quatre. Ce minime trophée fut le prétexte d'une plaisanterie de mauvais goût de la part du général Guy-Coustard, qui, par un trompette, envoya à Précy la lettre qui suit :

Mon cher général,

La présente est pour vous annoncer la restitution de deux canons d'enfants que vos muscadins ont oubliés cette nuit dans la redoute Nérac, soyez assez bon pour m'en accuser réception.

Salut et fraternité,

GuY-CoUSTARD.

A cette lourde facétie, Précy fit une bonne réponse : à sept heures du matin, Tattaque reprenait sous sa direction personnelle contre la maison Nérac; toutes les troupes de la Croix-Rousse, y prenaient part et l'ennemi à son tour devait Tévacuer. Coustard écrivait à son ancien camarade aux mousquetaires, Dubois-Crancé :

Depuis sept heures, les rebelles font un feu infernal sur la maison Nérac, bombes, boulets, obus et mitraille y pleuvent comme grêle ainsi que la mousqueterie. Ce feu nous coûte déjà 20 hommes tant tués que blessés, dans le nombre desquels est le citoyen Lecomte, chef de bataillon.

Le feu est aux quatre coins de la maison Nérac, il nous y faudrait du huit, du douze, du seize pour nous y faire respecter. Les deux pièces que nous avons envoyées à Limonest nous font bien faute en ce moment ainsi que le bataillon delaDrôme. Je n'ai pu relever mes gardes aujourd'hui et il est de toute nécessité que le bataillon de la Drôme nous rejoigne.

Et dans son respect craintif, ce général en chef, qui restait toujours le subordonné des représentants, ajoutait:

432 l'insurrection de lyon en 1793

J'attends votre réponse pour passer Tordre à Limonest.

Il est vrai que, comme compensation en terminant, Coustard critique le commandant du camp de Limonest :

Le général Rivaz demande tout, garde tout et prend tout ce qui passe chez lui, il finira par s'adjuger toute Tarmée*.

Sans s'inquiéter du conflit de commandement, Dubois- Crancé ordonnait au général Vaubois, qui disposait de 40 bouches à feu dont 18 mortiers, de mettre plus d'activité dans le bombardement. La recommandation fut suivie et de nouveaux décombres vinrent s'ajouter à toutes les ruines ^ Les batteries de la Guillotière se rapprochaient et leur tir devenait de plus en plus efficace. L'un des adjudants-généraux de Précy, Champreux, envoyait à Madinier, commandant de la garde nationale, un appel pressant au nom du général en chef, pour faire relever les retranchements un peu partout, aux quais du Rhône comme à la Croix-Rousse :

Au nom de la Patrie, envoyez de suite le plus de citoyens de bonne volonté que vous trouverez dans le bataillon, pour aller aux travaux des postes avanoés. Requérez, prenez de force pelles, pioches, brouettes, chez les jardiniers"^.

Au lieu de seconder les généraux, les Comités de Surveillance votaient des vœux* c^nime la déportation des suspects"' quand il suffisait de saisir la Commission chargée de juger les crimes et délits militaires. Celle-ci fonctionnait régulièrement et s'eiVorçait de racheter la période (le faiblesse où elle ne punissait l'espionnage })ar les

1. Vaësen, Daruinenls impriinrs [Lyon en 1193 : le Sièf/e), p. 120.

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