‹ Contre la terreurChapitre 312 sur 400 · LES SOMMATIONS DE CHATEAUNEUF-HANDON · texte numérisé non relu

LES SOMMATIONS DE CHATEAUNEUF-HANDON

Loire, de Saône- et- Loire et de TArdèche. Ses collègues Maignet et Cou thon devaient Tassister et le surveiller; ils le quittèrent pendant quelques jours pour rester l'un à Montbrison, Tautre à Clermont*.

Quel speclacle admirable et touchant, écrivait Châteauneuf- Raiidon au Comité de Salut public, de voir la masse vertueuse du peuple levé contre les rebelles, quittant femmes, enfants et toutes sortes de travaux bivouaquant toutes les nuits et campant maintenant sans tentes et sans aucun effet d'habillement et manquant d'effets indispensables. La Convention nationale doit bien prendre sous sa protection les femmes et les enfants des citoyens qui, dans cette c rconstance, ont marché avec tant de zèle et qui sont dans le besoin'^

Les femmes et les enfants pouvaient mériter l'intérêt des autorités, mais les chefs de famille étaient d apparence inquiétante.

Ce n'était pas en effet les glorieux bataillons de volontaires, qui couraient défendre la frontière, c'étaient de véritables hordes aux allures de jacquerie, laboureurs des montagnes d'Auvergne ayant abandonné leur maigre sol, pâtres ayant déserté leurs troupeaux, encadrés de quelques artisans de petite ville, rétameurs de chaudrons ou ramoneurs de cheminées. Us accouraient enfiévrés d'espoir de toutes les ripailles, de toutes les orgies, on leur avait promis de piller Lyon tout à leur aise; aussi beaucoup emportaient sur leurs petits chevaux ou sur des ânes d'énormes sacs qu'ils comptaient bien remplir.

Les bandes rassemblées parJa vogues, qui avaient occupé Saint-Etienne et Montbrison, rejoignirent celles de Châteauneuf-Randon devant Lyon. Javogues plaça ses réquisitionnaires autour de Saint-Genis-Laval, à deux lieues et demie

i. Le rapport de Chateauneuf-Haiulon du 20 septembre pn'»cité s'exprime ainsi : « Guuthuu est toujours à Clrrmont et fait refluer par ses grandes mesures les besoins de l'armrc. Maignel est resté deux jours de plus à Montbrison pour y réorganiser les corps constitués. n

2. Archite.s histnri(/ut's de la (juerre : Année fies Alpes^ septembre 1103.

4S8 l'insurrection de lyon en 1793

de Lyon', ReTerchon et Laporte lui étaient adjoints. Chàteauneuf entassa ses pa3^sans auvergnats dans un immense camp, dont la droite s'appuyait à Saînle-Foy et la gauche touchait presque le château de la Duchèreoccupé par les Lyonnais.

Dubois-Crancé, qui gardait la direction générale des opérations, envoya aux deux nouveaux corps d'armée, si Ton peut appeler ainsi ces cohues tumultueuses et indisciplinées, 3.000 hommes de troupes aguerries pour les encadrer. Il préleva pour faire le service de l'arrière 5.000 réquisitionnaircs et les interna dans les camps des Brotleaux et de Galuire^

L'armée d'investissement se trouva donc forte de 35.WJ0 hommes, dont 8.0<X) environ de troupes réglées, 22.000 d'î réquisition « armés à moitié'* » et partagés, sur l'ordre exprès de Dubois-Crancé en cinq colonnes de 2.500 hoQimes ayant en tète 1.0(M3 hommes des bataillons de volontaires. 11 n^ avait qu'un seul bataillon d'ancienne formation, provenant de rex-23' régiment de ligne'*.

Dubois-Crancé avait mis ces collègues au courant de la situation. Jusque là on n'avait pu qu'intercepter les subsistances de Lyon, canonncr, bombarder, à la (iuillotière et devant la Croix-Rousîse et, par un(» prudente offensive des avant-postes, gagner quelques positions dominantes. Quant à tenter une attaque de vive force ii la Croix-Rousse, c'eût été une grande témérité, surtout avec des troupes comprenant des réquisitionnaircs pour les deux tiers et quand il s'agissait d'enlever« six étages de redoutes » défendues par 1.50Û hommes déterminés et

\. (\nnftte re/i(/u à la (Convention nfitionale delà mission îles rejtrésenlants (ht jjeufile à l'année des Alj/es Ihilmis-Cidncé et (iatithiei\ parDiiliois- (Iranré.

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