‹ Contre la terreurChapitre 313 sur 400 · LES SOMMATIONS DE CHATEAUNEUF-RANDON · texte numérisé non relu

LES SOMMATIONS DE CHATEAUNEUF-RANDON

aguerris et une nombreuse artillerie, bien approvisionnée et bien servie ^

Du côté des Brotteaux, Tassant ne semblait pas moins impraticable. Les Lyonnais avaient construit, à la sortie du pont Morand, la fameuse redoute qui tenait en échec les troupes du général Vaubois. Dubois-Grancé la décrivait comme ayant « la forme d'un immense fer h cheval élevé avec des pierres de taille » et dans sa plus grande partie « tlanquée de terrasses, avec un excellent fascinage, protégée en avant par un fossé de vingt pieds de large et douze pieds de profondeur ». Huit pièces de canon en embrasures et un millier d'hommes la défendaient.

Toute la plaine était sous le feu d'autres redoutes : à la gauche, du côté des Charpennes,à la droite,vis-à-vis de la Guillotière. En avant du pont, il y avait un abatis de pieux «dangereusement placé, » chaque maison des Brotteaux était crénelée et fortifiée, le pont coupé et machiné avec tant d'habileté qu'un seul homme faisant jouer une bascule mettait une arche à découvert. Enfin le quai du Rhône était garni de batteries dont le feu croisé aboutissait à la tête du pont; les canons des Colinettes, au pied de la colline Saint-Sébastien, dominant le quartier Saint-Clair et le fleuve, balayaient toute la plaine entre les Brotteaux et la Tête d'or-. Il fallait donc chercher des points d'attaque différents.

Châteauneuf-Randon pénétré de ces difficultés et s'exagéraut évidemment son influence sur la population lyonnaise qui le connaissait peu, crut devoir adresser la sommation qui suit :

Un décret de la Convention nationale a nommé Couthon, Cliàteauneuf-Handon et Maignet adjoints à Dubois-Crancé, Gauthier, Reverchon, Delaporte et Javogues, pour soumettre les rebelles de Lyon ; le peuple des départements de Rhône-et-

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