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LES SOMMATIONS DE CHATEAUNEUF-RANDON

lègues, engagea le parlementaire à rentrer dans son camp, promettant une réponse avant la nuit.

Les batteries de Montessuy n'avaient pas cessé de tirer sur les avant-postes de la Croix-Rousse et sur la partie Nord de la ville sans que les Lyonnais ripostassent.

A neuf heures, les corps constitués envoyaient au camp de la Guillotière un court billet à Châteauneuf- R and on :

Votre trompette est arrivé à six heures, vous nous demandez une réponse pour huit, ce qui est impossible. Nos concitoyens sont sous les armes, vous ne pouvez en douter; ils ne peuvent être assemblés que demain pour exprimer leur vœu sur votre lettre.

ROUBIEZ, MONTVIOL,

Secrétaire. Président.

Au moment où un second trompette, mais cette fois Lyonnais, se présentait aux avant-postes de la Guillotière en sonnant au parlementaire, le feu recommençait sur toute la ligne des deux côtés, sans qu'on puisse déterminer à qui incombait la reprise des hostilités. II semble même que l'envoyé des Lyonnais n'ait pas pu remplir sa mission et qu'il ait été obligé de rapporter le message dont on l'avait chargé.

Le lendemain 20 septembre, dans la matinée, il arrivait à THôtel de Ville, toujours parla voie d'un parlementaire, une seconde sommation du même représentant, elle est encore plus impérieuse :

Vous avez violé et trahi tous les devoirs de la nature et toutes les lois de la guerre dans la journée d'hier; ceux de la nature, sur un de nos frères qu'une de vos patrouilles avait blessé à la

i. Guillon de Monléon t. 11, p. 59. — Vaësen, Documents imprimés [Lifon en M9Z, le Sièf/e, p. 132).

2. Rappelons que Koubiez était un religieux de l'Oratoire, fort érudit et fort vertueux, qui dissimulait son caractère sacré pour servir la cause lyonnaise.

462 l'insurrection de lyon en 1793

cuisse et qu'elle a haché et coupé en petits morceaux < ; les droits de la guerre parce que le feu des batteries qui vous cernaient et qui vous bombardaient, avait cessé et que la vôtre s'est fait entendre à sept heures et demie du soir en face de la Guillotière par où le trompette vous était parvenu. Et cependant vous avez reçu la sommation du peuple français à six heures et malgré qu'il vous ait donné jusqu'à huit, notre tron^pette n'est arrivé qu'à neuf, sans apporter de réponse satisfaisante au vœu du peuple qui vous environne et qui va pénétrer dans Lyon.

Je vous le répète, les représentants du peuple, dans ces promptes et dernières conditions, ne répondent plus de vos personnes et de vos propriétés.

Le 20 septembre 1793 l'an II de la République Une et Indivisible

Chateauneuf-Randon *

Le « Peuple », image majestueuse à laquelle se complaisait le représentant, désignait, avec un excès de bienveillance, les bandes de réquisitionnaires à grands sacs, qui ne se souciaient ni de prendre part aux combats d'avant-postes, ce qui était dangereux, ni de travailler aux terrassements de l'artillerie, ce qui était fatigant. Ils demandaient avec impatience quand ils pourraient faire leur cliargpment et s'étonnaient de ce qu'on les eiit amenés devant une ville dont les habitants se défendaient à coups do canon.

Les corps administratifs avaient engagé les différentes sections, à nommer douze commissaires qui devaient se rendre dans lu lo^e du Change pour délibérer, le 20 septembre, à huit heures du matin, sur les sommations de Chûteauneuf-Randon -K

Au moment où un trompette lyonnais partait à son tour pour la tùtc de pont des Brottoaux, les batteries de la

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