omle Léon de Poncins, le Correspnndanl^ 1861, p
mais parfois au milieu des coups de feu, un cri se faisait entendre : « Vive le Roi ! »
(le n était pas un cri de ralliement, car il restait sans écho, c'était le plus souvent une plainte, souvent proférée par un blessé, c'était l'expression d'un regret par quelque vieux serviteur de la monarchie, frappé sous les couleurs républicaines et qui voulait rendre un dernier hommage à sa foi politique.
Les discussions ne s'élevaient guère entre des gens d'opinions si différentes, on chantait ensemble les couplets de bataille; la brise portait le refrain aux avantpostes jacobins :
La mort n'est rien pour qui la brave La honte seule est pour Tesclave!
« Au bivouac, nous dit encore le même auteur, en évoquant ses souvenirs de famille avec une mélancolie qui n'exclut pas la fierté', le négociant lyonnais lisait Rousseau pendant que le vieux soldat fumait sa pipe et que le paysan du Forez priait dans un coin. L'àme de Lyon était là-\ ^>
Aussi Précy, qui connaissait absolumont l'état d'esprit de cette population, à la fois indolente dans l'action et susceptible pour toute espèce de manifestation, demandait à ses ofliciers le renoncement qu'il pratiquait. Malgré ses recommandations, quelques-uns exprimaient volontiers leurs opinions monarchiques. L'adjudant-général Arnaud, de son vrai nom, comme nous le savons, le chevalier de Melon, souffrait de dissimuler les convictions auxquelles il était ardemment attaché, aussi n'était-il pas des plus réserves. Depuis roccupation d'Oullins, il était chargé du commandemenl de Saiut-Just, très menacé, ainsi que Sainte-Foy et le bourg Saint-lrénée, il y faisait
1. Le comte Léon de Pnncins, fils de l'auteur du manuscrit et petit-fiîs de loflirier forézicn.