Lieiitriianl-coloiicl Hichol, p
3. liapporl (lu camp de la (Muillntière {Archirrs hisforifjaes de la (iuerrc: Aj'tnéc des Alpes^ se[i\vinhTv 119'^). Il y .ivait ni.'iintcn.iiit qiiatn' camps: Guilloliérc, Caliiire, Liinoncsl, Siiinl-Gt-nis-Laval.
\. L'arrôlé porto la date du 27 septembre, il ne parait avoir été affiché que le lendemain 28.
rassiègeaint depuis cinquante jours ». Sous les bombes de la Guillotière, de Cuire, de la Duchère, les Lyonnais attristés mais résolus approuvaient la véhémente affiche. Les femmes ne se montraient pas les moins énergiques.
A cette heure d'héroïsme de toute une cité, qui s'apprôtait à repousser de nouvelles et terribles attaques une odieuse trahison allait se consommer.
Pendant la nu it du 28 au 29 septembre, un sieur Truchet, gagné, croit-on, par les agents de Dubois-Crancé, soit directement, soit par l'intermédiaire de Reux, l'adjudant-major général de Tartillerie, était de garde comme caporal à l'un des postes avancés de Sainte-Foy. Sous le prétexte de placer une sentinelle ou de vérifier la consigne-, Truchet déserta et descendant la pente de Sainte-Foy, il arriva jusqu'à la ferme de la petite Champagne où bivouaquait le bataillon de rAn>ge. Le traître se fit reconnaître et, au milieu du silence méprisant des braves soldats qui allaient risquer leur vie, il donna le mot d'ordre*. On pourrait ainsi s'approcher des premières sentinelles, en le leur disant, les tuer à coup sûr et arriver impunément aux retranchements, si la nuit restait bien noire.
A cinq heures du matin, l'avant-garde de la colonne Rivaz, commandée par l'adjudant-général Achon', s'avança avec infiniment de précautions vers la redoute qui défendait l'entrée du village de Sainte-Foy. Des grenadiers, adroits et résolus, dont l'uniforme ressemblait à celui des grenadiers lyonnais, crièrent le mot d'ordre aux sentinelles de la redoute qui s'approchèrent et furent poignardées. Toute la colonne, entraînée par l'adjudant-général Achon, se rua sur la redoute ; des échelles furent appliquées, on gravit les murs, des planches furent jetées
1. Tous les historiens qui ont retracé le siègo de Lyon, ont accusé le caporal Truchet d'avoir porté le mot d'ordre h renncini. — V. notamment Morin, t. 111. p. 321, et Balleyilier, t. Il, p. 137.
2. Rapports des trois camps, octobre {Archives historiques de la Guerne; Armée des Alpes).
484 l'insurrection de lyon en 1793
sur les fossés intérieurs, on pénétra dans l'ouvrage *.
Julien de Vinezac, adjudant-général de Tarmée lyonnaise, qui commandait depuis peu de jours à Sainte-Foy, fut surpris par l'attaque et entraîné par les fuyards. Seule une compagnie lyonnaise, commandée par le capitaine Riclié^, ouvrit le feu et ce fut seulement quand elle se vit débordée qu'elle effectua sa retraite en bon ordre. Le marquis de Poncins, qui avait fait toute la campagne du Forez avec son fils, groupa quelques braves et essaya sur le flanc de Tennemi une diversion dans la direction de Saint-Just, il tomba frappé d'une balle, mourant ainsi sur le champ de bataille comme plusieurs de ses ancêtres. La plupart des Lyonnais, rejetés en désordre à la sortie de la redoute, gagnèrent en courant le bourg Saint-lrénée par le petit Sainte-Foy.
A Saint-lrénée, ils furent ralliés par le vieux général Giraud des Echerolles, qui voulut les reporter en avant. Malgré l'intrépidité du général et de quelques-uns de ses officiers, il fut impossible non seulement de leur faire reprendre l'offensive, mais même de les empêcher de se coucher par terre pour échapper aux balles ennemies-^. « La vue de ce vieux guerrier, debout au milieu d'elles, cherchant à réveiller l'honneur dans ces âmes effrayées, fit peu d'impression sur le plus grand nombre ^. » Le général Uivaz conduisit lui-même une seconde colonne par les hauteurs à l'Ouest de Saint-lrénée ''. Les deux colonnes firent converger leurs efforts et la forte redoute placée à l'entrée du faubourg Saint-lrénée tomba au pouvoir des assaillants^.
En*dépit des efforts du général des Echerolles et de l'ad-
1. Le lieuteiianl-colonel Bichol mentionne l'cnlèvenient de la redoute par surprise (p. 38).