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Bulletin ilépartetnenialy du 30 septembre

- 4. c II a été pris également sur le chapeau d'un Muscadin une cocarde où on trouva sur l'effigie du tyran les trois fleurs de lys. » {Rapport de Laporte, 30 septembre : Archives historiques de la Guerre : Armée des Alpes, septembre 1793).

492 l'insurrection de lyon en 1793

Soullier (d'Avignon), aide de camp de Précy, continue la poursuite. Il faut citer parmi ces braves : Rochefort-Beauvoir, les frères Barbier de Charly, le petit Frédéric, Gerbe de Tours, Greppo, Deboze, Rhilsen, Bredin, Jacob, Mauvert, Dujast, les Charasson, le D"" Ponçan et une jeune fille, M"* Martin dont un coup de sabre percera la blanche poitrine*. Ils rencontrent une pièce de canon et s'en emparent, en sabrant les servants, Tinfanterie avait enlevé trois autres pièces-. Le capitaine Farine et ses canonniers étaient presque tous hors de combat, les grenadiers du Griffon les remplacèrent dans le service des pièces. Deux des leurs venaient de succomber; les grenadiers Vachon et Benoît,

Les cavaliers avaient chargé jusqu'au pont delà Mulatière et Tun deux, un gentilhomme breton qui avait com battu en Vendée, M. Kerquisio de Kervodoë 3, vint prévenir Tinfanterie que l'ennemi repassait en toute hâte le pont de la Mulatière et que Ton pouvait inquiéter sa retraite. M. de Kervodoë, grièvement blessé à la poitrine et à la tête, se maintenait à peine à cheval. Les braves grenadiers lyonnais repartent au pas de course devant le pont, ils sont arrêtés par des matières emflammées que l'ennemi a placées autour d'une maison pour gêner la poursuite; ils éteignent le feu. Un aide de camp de Précy vient leur donner Tordre formel de se replier sur les moulins '.

Le général en chef estima qu'on ne pouvait songer k conserver la partie méridionale de la presqu'île en raison (les feux de Tennemi qui s'y croisaient impunément, qu'il fallait établir aux moulins de Perraclie le point

1. « Deux cavaliers de Précy s'étaient défiés à qui pénétrerait plus avant dans les ran^j^s républicains. Celui qui semble gagner la partie tombe abattu de trois coups de sabre. C'est une femme. > (M'* Costa de Beauregard, p. H6o.)

2. Nous donnons ici les chiffres du Ih'cit d'un S(tl(lat de Vannée lyonnaise, hataillon du Uriffan, témoin oculaire.

3. Le soldat de l'armée lyonnaise rappelle Therquisio de Kervodoë.

4. Archives du Rhône, t. XII. Récif d'un soldat de iarniée lyonnaise.

central de la défense, former en avant des ligues d'abatis avec les gros arbres qu'on allait couper dans l'avenue et placer trois batteries, Tune sur la petite chaussée des moulins, une autre à gauche de la grande route et une troisième adroite, du côté de la Saône*.

Pendant que le général rentrait avec sa cavalerie dans Lyon pour savoir ce qu'il était advenu aux autres points de la défense, les vainqueurs relevaient les morts et les blessés des deux partis, 7 à 800 hommes^, que des chariots d'ambulance vinrent tardivement chercher, puis ils se transformaient en bûcherons et en terrassiers, n'ayant pour se soutenir, pour toute ration; qu'une livre de gros pain d'avoine et do paille, noir et déjà moisi, avec un peu d'eau-de-vie. A cinq heures du soir seulement, les grenadiers du Griffon s'établirent dans leur nouvelle redoute, Précy revint les y visiter et leur dit : « Mes amis, votre conduite dans toute cette journée a vivement excité mon admiration et celle de tous vos frères d'armes, elle devrait vous mériter des récompenses que vous obtiendrez un jour. Votre général va donner l'accolade à votre jeune capitaine^. »

Aux applaudissements des assistants^, Précy embrasse le commandant de la compagnie, le jeune Regny, aussi modeste que brave qu'il nomme commandant de la nouvelle redoute. 11 se retire ensuite pendant que les grenadiers criaient : « Vive le général ! vive Lyon! vive notre capitaine Regny. »

Précy retournait aux Brotteaux où l'attaque, après s'être ralentie, avait repris au moment où les batteries de gauche de la Guillotière aperçurent de la chaussée de Perrache la troupe de Rimberg en retraite et l'avaient canonnée. •

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