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DECOURAGEMENTS ET DESORDRE ^99
sa proposition d'échange, offrant dix hommes pour un, quinze pour un officier, vingt pour un officier supérieur. Le proconsul de la Pape ne daigna pas rendre de réponse au quartier générai lyonnais ; il se borna à redire sa phrase favorite : « On ne rend pas des rebelles qui, mis hors la loi, doivent être fusillés dans les vingt-quatre heures^ ». Et en effet il fit fusiller plusieurs prisonniers, même des blessés comme un Lyonnais nommé Lhomme, qui avait le bras fracassé- et comme l'adjudant-général Coindre, fait prisonnier à la prise de la maison Nérac, si vaillamment défendue.
A Lyon, la disette augmentait et cependant sur les derniers approvisionnements de mauvais pain, les Lyonnais nourrissaient leurs prisonniers ; les médecins de la ville soignaient les blessés de l'armée de siège. Tant d'humanité devait rester sans récompense.
Que d'héroïsme dans la résignation des assiégés 1 le peu de grain, qui restait et qui ne pouvait se convertir en farine que difficilement, était réservé à ceux qui prodiguaient leurs forces pour la défense de la cité. Une demi-livre d'avoine n'était même plus la ration des femmes, des enfants, des vieillards, on tentait de suppléer à cette ini^uffisance d'aliments, par des distributions de vin et d'huile'*, ce qui occasionna la dyssenterie. Comme Ta dit un des survivants du siège'', les riches et les pauvres souffraient également''.
Le général de Précy, imité par la plupart des officiers généraux et supérieurs, abandonnait ses rations d'avoine et de pailbî sr-che, se contentant d'herbes cuites avec des
1. Marquis tlv Poiicins, le Correspomlant^ I86t, article précité.