Un officier de Vetut-major du sièf/e, p
i. L'officier de Vétdi-im.ijor du aièf/e qui a [lublié ses souvenirs à Lausanne eu WJo.
.*>. Id. « Toutes leâ ressources luanquaieut absolument ; jusqu'à la chair des animaux <lomestiqu(>s (}ui av.iient servi de supplément à l'avome et au pain. * Le même, p. 72.)
500 l'insurrection de lyon en 1793
graisses qu'on était parvenu à dégager des approvisionnements... des parfumeurs*.
La trahison rôdait toujours. Dans les faubourgs, les anciens amis de Chalier sortaient de leurs repaires, se groupaient, insultant les femmes de leurs adversaires et désignant les maisons qu'ils se proposaient de saccager-. Ces misérables s'enfuyaient dès qu'ils se trouvaient en présence d'hommes de cœur; quelques-uns furent traduits devant la commission militaire présidée par Loir et passés par les armes.
Les femmes de Lyon devaient jusqu'au dernier jour se montrer intrépides. A Sainte-Foy, au bourg Saint-Irénée, en plein combat, elles avaientaidé h transporter les blessés. L'abbé Moulin, curé de Saint-Irénée, « était allé de maison en maison porter des paroles de consolation et d'espérances éterneUes. Il préparait à la mort, aux souffrances, exhortait à la miséricorde-^ ».
En dépit de tous les pressentiments, la classe élevée de la population gardait ses habitudes de vie policée et élégante. Les hôtels de la place Bellecour, malgré le feu des batteries de la Guillotièrc qui, jusqu'à la fin du siège, les visaient spécialement, avaient encore dos réunions comme aux jours heureux. Leurs vastes salons dont toutes les boiseries portaient sur maints panneaux les blessures du bombardement, à côté des miroirs de Saint-Gobain, brisés ou balafrés, s'ouvraient encore h quelques invités, qui venaient chercher le réconfort de l'illusion. On racontait que les Vendéens «triomphaient, que le Midi se soulevait, qu'une vaste fédération poussait toute la France à Tassaut de la Convention... Les bruits les plus invraisenil)lables trouvaient encore des auditeurs crédules : une armée d'émigrés, débouchant de la Suisse, était en marche
i. Marquis CdsUi de Beaurcgard, p. 358.
2. G. d'Orcet, Souvenirs r/'w/i officier républicain en 1793. (Revue britan nique, 1880, p. 89.)