‹ Contre la terreurChapitre 347 sur 400 · Id. Lettre de Goguillon à Précy, 1" octobre · texte numérisé non relu

Id. Lettre de Goguillon à Précy, 1" octobre

4. Aj'c/iives municipales, l"" octobre 1793. Signé : Favre, Besnard, Meynès.

tait de dissimuler son aristocratique personnalité sous le pseudonyme de Gaspard et qui, malgré sa douloureuse blessure, avait pris le commandement du quartier Saint- Georges, prévenait à son tour le général en chef qu'il n'avait aucune confiance dans le bataillon de TUnion, en raison de cas de maladie déclarés dans cette troupe, et surtout de sa mauvaise volonté. En cas d'attaque, le poste serait mal défendu, le commandant de Saint-Georges ne pourrait compter que sur la compagnie des grenadiers de Marseille dont TefTectif ne dépasse pas 44 hommes. Il serait alors indispensable que le commandant de Sainte-Irénée fît une diversion*.

A Saint-Just, le chevalier de Melon, qui dans le service s'appelait toujours Arnaud, rend compte, danscellemôme journée du 2 octobre, que deux de ses hommes viennent de déserter et qu'en conséquence pour prévenir toute trahison, il fait changer le mot d'ordre'-. Il ajoute avec tristesse, lui l'homme d'action, le conspirateur irréductible, le commandant des bandes du camp de Jalès : « Je trouve un grand découragement dans nos troupes et tout à l'heure le poste entier de la maison Ferrand s'est replié saîis être attaqué, en tenant des propos capables de donner de grandes craintes sur leurs intentions. J'ai fait reprendre le poste. Une petite insurrection s'est aussi élevée dans le bataillon de la rue Buisson et toujours par le même esprit de découragement^. »

Il engageait Précy à se rendre compte par lui-même des dangers de la position de Saint-Just. Rimberg, le brillant général du Forez, découragé par son échec du pont de la Mulatière, refusait tout commandement; il ne

1. Archives municipales, !•' octobre. M. de Clermont-Tonnerre terminait ainsi : « Je suis très fraternellement, citoyen général, votre serviteur. Gaspard. »

2. Le nouveau mot d'ordre était: Saint-Maurice et Montpellier, Le mot de ralliement : Courage,

3. Archives municipales : Arnaud à Précy, sans date, mais dans la liasse des deux ou trois premiers jours d octobre.

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voulait plus ôtre que simple fusilier'. Le chevalier de Melon apprenait au dernier moment qu'il y avait un complot pour livrer son poste, il déclarait qu'il allait arrêter les coupables et terminait ainsi son rapport :

Adieu, mon général, comptez sur mon zèle, mon sang-froid, mon dévouement à tout ce que vous voulez faire.

Arnaud *.

M. d'Abzac^ vient de me joindre sachant la position pénible où se trouve ce poste.

J'ai mis un poste de vingt-cinq hommes en arrière de nos troupes pour égorger le premier de nos soldats qui prendra la fuite et, si nous sommes attaqués, un homme intelligent les commandera pendant que je résisterai à Tennemi^.

Certes Melon et Clermont-Tonnerre étaient des hommes intrépides, sur lesquels le découragement n avait pas de prises. Virieu à la Croix-Rousse, Burlin de la Rivière à Saint-Clair donnaient aussi les preuves d'une indomptable énergie, mais les soldats ne valaient pas les chefs.

Précy cherchait à remonter leur moral, affaibli par les privations et les fatigues du siège. Sabonhommie, sa gaieté exerçaient encore quelque influonce sur les troupes; il se moquait de tous ces prétendus malades, qui, avec des certificats de complaisance, quittaient de préférence les postes de première ligne et faisait afficher dans les casernes l'ordre suivant :

Au quartier général, le 3 octobre 1793, Tan II de la République.

Les certificats de maladie délivrés par les officiers de santé de chaque bataillon et ceux qui seront délivrés à l'avenir seront regardés, à compter de demain comme non avenus, s'ils ne

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