Morin, Histoire de Lyon, t. II, p. 535. Cf. note
dans les balaillons du Port-du-Temple et de Serin. Badger, Gingcnne et Lenoir, les trois chefs de la colonne sectionnaire s'avancent au-devant des soi-disant parlementaires. Tout à coup les dragons font volte-face et repartent au galop*, non plus en front de peloton, mais en deux colonnes entre lesquelles la batterie ennemie ouvre le feu '. La trahison est odieuse, les sectionnaires s'étaient de nouveau massés imprudemment et les boulets ennemis en ont fauché un grand nombre. Une de leurs pièces est démontée, des canonniers sont hors de combat, les attelages hors de service. Gingenne a eu un cheval tué sous lui, Lenoir a le bras brisé. Les Jacobins embusqués dans les maisons voisines fusillent par derrière les Lyonnais. Badger, qui payait bravement de sa personne, reçoit un coup de fusil d'un individu embusqué dans la rue du Pas-Etroit'^, il a la cuisse traversée et son cheval est tué.
La colonne des sections est ralliée, reformée et reportée en avant par d'intrépides officiers et surtout par le général de Sablonet. Malheureusement le vaillant soldat tomba lui-môme, une jambe fracassée par un boulet. De toutes les maisons qui dominept le quai, une fusillade terrible accable la colonne, qui se désagrège. Une partie se réfugie sur la place des Cordeliers '*, contre l'église Bonaventure où elle se défile ainsi du feu d'artillerie, un autre groupe se retire sous la voûte du collège-' autour d'une pièce d'artillerie que servent avec un égal courage des canonniers de la garde nationale et des volontaires en habit civil.
Un bataillon de sectionnaires qui manque de munitions s'est replié sur l'Arsenal; il est poursuivi à coups de pierre