Relation du général de Précy, Percnon, p
538 l/lNSLHRECTION DK LYON EN 1703
compagnies de 50 hommes chacune, leur donnant comme chefs, non pas les plus élevés en grade, mais ceux qui lui paraissaient les plus intelligents et les plus* énergiques. D'ailleurs beaucoup d'officiers n'avaient pas rejoint. Précy avait laissé chacun absolument libre et c'étaient bien des volontaires qui venaient se grouper autour de lui.
A huit heures et demie arrivait le détachement de la Croix-Rousse, avant à sa tête le comte de Virieu*, suivi de son fidèle aide de camp, un jeune Dauphinois, nommé Chevalier, ancien page du Roi aux derniers jours de la monarchie*. Ce détachement était suivi de celui du quartier de Saint-Georges, commandé par lecomtedeClermont- Tonnerre. Formé de bonne heure, il avait débouché par la rue de la Brèche et le quai de la Baleine, et occupé les montées de Saint-Barthélémy et des Capucins, avec quelques vedettes surla place Saint-Paul. Celles-ci avaient averti vers huit heures du matin, M. de Clermont-Tonnerre du passage de la troupe de M. de Virieu et les deux détachements s'étaient mis en marche de concert vers la Claire.
Pendant la nuit de veille que Virieu avait passée dans le poste du centre, devenu, comme les autres habitations voisines de la redoute Gingenne, une masure délabrée, il s'était confessé ainsi que plusieurs de ses ofliciers et de ses soldats. Le confesseur avait été l'abbé Forestier, destiné à devenir évoque de Troyes et qui portait alors l'uniforme militaire, non pour combattre, mais pour pouvoir plus facilement remplir son saint ministère. Ses ornements sacerdotaux étaient soigneusement dissimulés dans sou havre-sac de soldat.
Ltî courageux ecclésiastique avait célébré la messe dans une pièce épargnée par les boulets et sur un autel improvisé avec des tambours. La j)lupart des assistants communièrent, Virieu le premier. Comme il Lavait dit à ses