‹ Contre la terreurChapitre 388 sur 400 · M*'* de Beausson, Beauquise, Gouanne, etc · texte numérisé non relu

M*'* de Beausson, Beauquise, Gouanne, etc

562 I.'lNSLRRECTION DE LYON EN 1193

ret deux héroïnes du siège, M"' Cochet et M''* Adrian. Elles moururent en soldats, mais sans pouvoir montrer d'ailleurs plus d'héroïsme que M*"* de Maubou, veuve du capitaine de dragons et belle-sœur du lieutenant-colonel d'artillerie, exécutés toutes les deux ^ comme nous l'avons vu. Avant de mourir, M"" de Maubou écrivit à son fils, alors au collège, une lettre admirable où elle pardonnait à ses bourreaux.

On a dit de cette commission de sang qu'elle condamna jusqu'à satiété. Plus de 30 ecclésiastiques, depuis l'abbé Grumelle, ancien grand vicaire de l'archevêque de Toulouse et les chanoines du chapitre de Lyon, jusqu'à d'humbles prêtres de campagne, jusqu'à des chartreux et des bénédictins ^ de vieux conseillers au Parlement ou à la sénéchaussée et de jeunes avocats'^, des médecins et des chirurgiens qui avaient soigné les crancéens blessés comme les Lyonnais : Vicary-Vanier, Dufrichon, Troit Féréol, Brodier, Plisson, Nonique, tous furent insultés^ condamnés et exécutes.

Les proscripteurs ne frappèrent pas seulement les aristocrates et les bourgeois, il fallait atteindre le peuplo^ pour décimer Lyon. Le plus grand nombre des condamnés à mort appartiennent donc aux classes les plus modestes : artisans, ràpeurs de tabac, cuisiniers, domestiques, garçons papetiers, porte-faix, maçons, emballeurs, et des enfants : apprentis épiciers ou teinturiers...

Des com«'diens comme Favo,(iervaise t Arnaud ne trouvèrent pas grâce devant leur camarade Collotd 'Herbois, par jalousie peut-être. Le total des exécutions ordonnées par

1. MM. Chapjiuis ilo Maul)<»u avait un frèrr, M.Chappiiis de Saint-Julien, ancien iiratenant-C(>l<>nel d'infanterie. <|ui périt aussi sur l'érhafaud, bien que n'ayant pris aucune part au siè^n-.

2. Hajipelons (|ue la plupart de ces ]Mvties étaient restés enfermés dans les cachots de Pierrescize pendant i)res(|ue toute la durée du sièpe de- Lvon.

3. Notaniiuenl, les conseillers de la Beaunie, Cléricot de Janzé, Jourdon. Imbert de Iial«»rre, Ballet, l'honneur de la magistrat in'C d'autrefois.

BEAUCOUP DK VICTIMES ET yUELyLES ÉVASIONS 563

les trois commissions et réalisées s'élève à 1.893'. Les deux dernières* furent celles des exécuteurs de Chalier et de Riard de Beauvernois. Les pauvres diables, qui avaient cru obéir à la justice régulière dont ils étaient les auxiliaires brevetés, montèrent sur l'échafaud sans avoir compris quel était le crime d'incivisme dont ils s'étaient rendus coupables.

11 est temps de s'arracher à ces lamentables spectacles et de constater que, si la population lyonnaise a vu succomber dans d'odieux supplices, près de deux mille des siens, de nombreux défenseurs de la cité ont pu s'échapper et gagner la terre d'exil où ils attendirent des temps moins troublés.

En raison de sa proximité, la Suisse accueillit la plupart des fugitifs, mais la frontière était gardée et avant de pouvoir s'en approcher, combien de Lyonnais et de Foréziens restèrent cachés dans de dangereux abris, privés des choses les plus essentielles a la vie, combien malgré leur jeunesse ne devaient survivre que de quelques mois ou même de quelques semaines aux souffrances de toute nature qu'ils avaient endurées? f^armi eux bien des blessés furent achevés par les paysans jacobins, beaucoup aussi moururent faute de soins, d'autres furent recueillis par des habitants humains et courageux qui les soignèrent et les gardèrent en dépit des terribles décrets de la Convention, des colonnes mobiles, des policiers et des délateurs.

C'est ainsi que le chef même de la défense, le général de Précy, errant dans les bois, le soir du 10 octobre, fut reconnu par deux de ses soldats, Giraud et Gorger et, grâce à eux, put gagner la vallée du Toranchin et les monts de Tarare. 11 revint avec ses deux compagnons à Violay•^

1. Voir les listes du baron liaverat : Lyttn, sous la Révolution. Lyon, Meton, 1883; «elles de M. «le La Chapelle, Histoire des tribunaux révolutionnaires, et celles i\c Biilleydier, l. IH.

Page 1