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Le n germinal an II (6 avril

1. Général de Précy, Historique de mon refour dans les monts du Forez après le sièye de Lyon. Lyon, Boitel, 1847, p. 27.

564 l'insurrection de lyon en 1793

petit village du canton de Néronde dans un site sauvage. Une jeune fille, Catherine Gourdiat, devinant en eux des proscrits, leur offrit Thospitalité ; Tun des sauveurs de Précy, (iiraud, devait un jour devenir le mari de cette courageuse jeune fille.

Le 12 octobre à minuit, les trois fugitifs repartirent et atteignirent le village de Sainte-Agathe-en-Donzy où ils furent recueillis par un brave homme nommé Legoux, puis par le maire, Madinier, dont les fils avaient servi dans la cavalerie lyonnaise et qui offrit de tout cœur rhospitalité au général. Celui-ci, pour ne pas compromettre son hôte dont deux fils avaient été arrêtés^ quitta cette demeure accueillante et, en vieux soldat plein de ressources, s'aménagea une retraite sûre dans un souterrain où il put même offrir, pendant quelque temps, Thospitalité à un chartreux fugitif. Les visites domiciliaires des gardes nationaux de Feurs étant incessantes dans les environs, personne ne dénonça cet étranger qui, le soir, sortait de sa cachette et cheminait tristement dans les senliers de la montagne. L'hiver se passa sans incident. Ses hùtes le visitaient quelquefois dans sou souterrain et avec eux une jeune lille, M"° Madinier, venait embellir de son charme, plein de pureté et d'innocence, ce triste lieu de refuge.

Après de longs mois péniblement passés, Précy résolut de s'éloigner, il parvint à acheter pour 800 livres un passeport et il partit. Des obstacles imprévus Tobligèrent h revenir dans Thuinide souterrain, mais il cacha son retour et repartit le 20 janvier 179.") à cheval et déguisé en maquignon, accompagné d'un guide. L'ancien commandant de la force de sûreté de Rhône-el-Loire revit avec une poignante émotion le Bois d'Oingt et Bagnols, il put éviter Lyon et arriver dans les environs de Bourg à Cuiseaux, le 22 janvier 1795. Il était à Lons-le-Saulnier

1. L'un des deux fut fusilU'' à Feurs après deux mois de détenUon.

le 25 et le lendemain parvenait au Pont d'Ain ^ oîi Tun d^ ses anciens grenadiers lyonnais, Jacquier, devenu épicier, reconnaisait son général et lui servait de guide. 'Grâce à lui, Précy, par les bois d'Amont, pénétra en Suisse, ayant conquis la liberté, après n'avoir habité pendant seize mois que les bois, les souterrains, les granges et les greniers.

A Lausanne, il retrouve quelques-uns de ses anciens ofliciers'-*, qui lui prodiguent leurs égards; les officiers suisses lui font aussi le meilleur accueil ^ il apprend la présence dans cette ville de M"^ de Virieu et lui apporte Thommage de sa sympathie, pleurant avec elle Théroïque commandant de son arrière-garde'*.

Précy sut de source certaine que tout le mois d'octobre le général d'Autichamp et les officiers qui, s'étaient joints à lui, MM. d'Albon-^ de Bertier, de Jouvenel,de Tauriac, de Varax^*,des Adrets', de Chabres,des Cars, d'Agout, etc., étaient demeurés à Lausanne^, cherchant à pénétrer en France par le Jura et h se jeter dans Lyon. 11 y avait là déjeunes gentilshommes qui, si Ton en croit les rapports de Tagent secret de la République-', blâmaient « le vieux Précy » de ne pas avoir surmonté des difiicultés qu'ils connaissaient mal. Mais tous eussent été heureux de servir sous ses ordres, et c'était avec tristesse qu'ils avaient rejoint leurs lointains cantonnements d'Alsace. Quelquesuns des combattants de Lyon avaient pu s'échapper par l'Est et passer la Saône, les uns à Neuville, les autres à

1. Tous ces détails sont extraits de la deuxième Relation de Précy ^ précitée p. 39.

2. Notamment, M. Imbert, de Montbrison, aide de camp du lieutenantcolonel Chapuis de Maubou.

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